vendredi 29 mai 2009

Maringues (63) : elevation

Le 19.05.09 à 16H00

Dans une vie antérieure, je dessinais des plans debout derrière une planche. Jusqu’à la naissance de notre aînée au Maroc, j’ai travaillé et puis j’ai renoncé pour élever nos trois enfants. Pendant toutes ces années consacrées à la famille, j’ai fait un rêve récurrent de rencontre avec une maison ou un terrain et de projets et travaux divers, souvent assez extravagants.
"Elévation" est un mot que j’aime bien. Dessiner des élévations, j’aimais bien. Avec le té et l’équerre je hachurais des ombres qui mettaient les volumes en avant. Puis à main levée je figurais des arbres, une ligne de nuages, des silhouettes de personnages.

Depuis que je fais des photos et des messages pour "Cergipontin", je ne bâtis plus en rêve. Je construis autrement que ce que j’avais espéré au début de ma vie d’adulte et cela me rend heureuse lorsque j’arrive à un résultat visible et cohérent, du moins pour moi.
Dessiner des plans c’est comme nager, lire, tricoter, aller à vélo, cela ne s’oublie pas.
Oui, le vélo cela ne s’oublie pas et pourtant si parfois on regarde ailleurs que devant soi, on ne peut jamais qu’aller de l’avant...



In a former life, I drew plans standing up behind a board. I worked until our oldest child was born in Morocco. Then I gave up and raised our three children. During all these years devoted to our family, I had a recurring dream of meeting houses and projecting various rather extravagant work and fitting.
I like the word "elevation". I liked to draw elevations. I used to hatch shades with a T-rule and a T-square, and thus bring out the volumes. Then I would represent trees, a line of clouds, some silhouettes of characters.

For I have taken photographs and written messages for "Cergipontin", I do not build any more in my dream. I build differently than in the past. Actually, I’m happy when I obtain a visible and coherent result. Drawing plans is as swimming, reading, knitting, riding a bicycle, it is unforgettable.
Yes, riding a bicycle is unforgettable and yet even if sometimes one can look at elsewhere, one may only move forward…

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mercredi 27 mai 2009

Saint Bernard (01) : cour interieure *** inner courtyard

Le 18.05.09 à 12H00

Pas d'erreur, Bambou est bien un West Highland Terrier, un Westy. "Saint Bernard", c'est le nom d'une ville et de son château qui servit de demeure à Maurice Utrillo lorsqu'il était indésirable à Montmartre (il paraitrait qu'il avait le vin mauvais)...
Bambou (alias Bambounette car c'est une fille et cela se voit) ne nous a pas quitté d'un coussinet lors de la visite du château...

Bambou is not a Saint Bernard of course. She is a West Highland White Terrier. Saint Bernard is a town by the Saone River and a castle where Suzanne Valadon and her terrible son Maurice Utrillo, two famous painters from Paris, have lived. (It happened that Utrillo was unwanted in Montmartre because he used to get nasty after a few wine). In the keep, there is a picture of the two painters standing close to this well.
Bambou followed us faithfully while we were shown over their castle by her master.



Je suis toujours ravie lorsque Patrick m'emmène en vacances ou en déplacement professionnel. J'adore n'avoir à décider de rien et ignorer à l'avance ce qu'on fera. Ainsi je n'espère ni n'anticipe rien ; je suis et ne suis jamais déçue.
J'ai en commun avec les chats le goût de l'indépendance et de la solitude, et pourtant...
Il y a du chien en moi....

I am always happy to follow my husband for a vacation or business. I can be independant and lonely like a cat, I can be like a dog though...



Le site du Château de Saint Bernard.
La page sur son histoire récente liée à Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. On peut voir dans le château une photo de ces deux peintres illustres se tenant près de ce puits.

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lundi 25 mai 2009

Il était une fois... Once upon a time... Es war einmal... C'era una volta...

Quelque part dans le Puy de Dôme, le 19.05.09 à 13H15...
Somewhere right in the center of France...


... Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants...

... and they all lived happily ever after...

... und sie lebten glücklich und zufrieden bis ans Ende ihrer Tage...

... E vissero tutti felici e contenti...



Daniel et Thérèse m'ont taguée.
Les règles sont simples : mettre un lien vers la personne qui vous a tagué.
Relever six choses que vous rendent heureux. Taguer six blogueurs auxquels vous l’aurez annoncé.

J'aime être surprise en visionnant une photo par un ou des détails imprévus :
Le soleil perçant les nuages allait éclairer le château de la princesse et le village du tisserand ; mais je n'avais pas prêté attention à la cabane du berger tapie dans l'ombre ni au petit arbre blanc...

Je tâcherai dans les messages à venir d'illustrer chaque fois une raison d'avoir été heureuse.
Les blogueurs tagués sont Delphinium, Fifi, Get Zapped, Hpy, Kirnette et San Nakji...



Daniel and Thérèse tagged me.
The rules are simple: tag and link back to the person who tagged you.
List six things that make you happy. Tag six bloggers and let them know they’re "it".

I like to be surprised by one or several details that I did not notice when I took a picture :
I have waited until the sun lightened the castle of the princess and the village of the weaver, without turning my attention to the cabin of the shepherd in the shadow nor the little white tree in the light...

In the next messages, I will try to illustrate again how and why I have been happy recently. Actually, one takes photographs only when one is happy and wishes to share, isn’t it ?
Tagged bloggers : Delphinium, Fifi, Get Zapped, Hpy, Kirnette and San Nakji...


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vendredi 15 mai 2009

A chacun selon ses besoins *** to each according to his need *** la FIAT 500

Le 08.05.09 à 19H45

"De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins."

-Karl Marx-



"From each according to his ability, to each according to his need"

-Karl Marx-




Cergipontin a recueilli le prestigieux trophée "blog ayant une cervelle d'oiseau" des becs de Phalacrocorax et Geai-Linotte, jurés mandatés par Hpy.
D'aucuns ont argué que j'aurais abusé Madame la Présidente du Jury par des coups de fils. D'autres ont pensé très fort en leur for intérieur qu'il y aurait eu du favoritisme.
Est-il plausible qu'Hpy se soit laissée abuser ?
Certes, l'amitié a beaucoup influé sur son choix que je reçois comme il vient, comme il est, sans me poser de question.
La pluie abreuve mon jardin ? Le soleil inonde mon salon ? C'est toujours un cadeau.
Hpy, merci.

Là où cela se corse (comme dirait Napoléon), c’est qu’il me faudrait distinguer un blog à qui transmettre ce trophée. Dur, dur. Les blogs que je visite font montre de formes d’intelligences différentes et toutes aussi honorables les unes que les autres. Ou tout simplement les auteurs de ces blogs privilégient certains de leurs intérêts qui amènent des réalisations différentes. Si je vais voir l’un ce n’est pas pour trouver chez lui ce que je trouve chez l’autre. Cependant tous ont une intelligence qui ne se quantifie pas, l’intelligence du cœur, l’empathie sincère. Ainsi, nous formons tous ensemble un cerveau complet qui travaille dans le plaisir pour un œuvre commune qui est notre communauté de blogs où chacun trouve sa place et son bonheur personnel.

Bon.
Ce trophée, je le confie à April.
April mène son petit blog de chemin, publiant de belles photos simples toujours significatives, illustrant des messages qui lui tiennent à cœur et qui parlent de sa ville, de sa région, de son pays, de sa vie tout simplement...



Cergipontin fait une petite pause...
A bientôt !
I'll be back soon...
See you soon !


mercredi 13 mai 2009

Conflans-Ste-Honorine (78) : une villa (2) *** a life here

Le 24.04.09 à 11H40

M'étant faufilée dans la villa entre deux maisons de la rue qui longe le quai de la Seine, j'avoue avoir eu un peu peur de bousculer ses cubes, ne pas avoir osé ENCORE gravir l'escalier carrelé menant...
Sûrement ENCORE à d'autres courettes, à d'autres maisonnettes, d'autres vies imbriquées à flanc de falaise...

Le 24.04.09 à 11H35

I thought I was into a building block village.
When I retraced my steps, I arrived to the street along the bank of the Seine in Conflans-Sainte-Honorine which is a town very close to Paris though...

lundi 11 mai 2009

Courcelles-sur-Viosne (95) : une villa (1) *** a life there

Le 01.05.09 à 8H15

Une villa ce n'est pas qu'une maison. Ce peut être une "voie, impasse privée bordée (à l'origine) de maisons individuelles" comme il s'en trouve à Paris.
Tel à Marseille le quartier de l’Estaque conté par Robert Guédiguian dans son film "Marius et Jeannette" (1997), ce peut être un lieu de vie...

A "villa" is not only a pleasant housing, but also a place for conviviality...

vendredi 8 mai 2009

Ne m'oublie pas *** Forget me not *** Vergiss mein nicht

Le 25.04.08 à 16H25

Pourquoi mes premiers souvenirs sont-ils de ports, de bateaux, d’hôtels, de trains, d’avions ?
Parce que notre père a traîné sa famille dans ses cantines ? Parce que notre mère nous a mis au monde le frère aîné et moi au Vietnam, le grand petit frère en France et le petit petit frère en Côte d’Ivoire ?
Pourquoi ai-je pris cette photo l’année dernière à la veille d’embarquer pour la Californie ?
Pour l’emmener avec moi qu’il me souvienne de penser à revenir ?

Je suis une pierre qui roule couverte de mousse...


Why harbours, boats, hotels, trains, planes remained in my earliest memories, I wonder ?
It may be because our father trailed his family with him in his trunks ? Because our mother brought into the world the oldest brother and me in Vietnam, the older youngest brother in France and the younger youngest brother in Ivory Coast ?
Why did I take this photograph the afternoon before boarding for California last year ?
To carry it with me so that it reminds me to ponder the return ?

I am a mossy rolling stone...



Alfred Jarry : "L'oubli est la condition indispensable de la mémoire."
Claudie BOLZINGER (Psychanalyste à Grenoble) : "L'OUBLI NECESSAIRE"
Cergipontin : "Mémoire-Memory" (le 08.05.06) et Transparent (photo du 26.04.08)


mercredi 6 mai 2009

Montgeroult (95) et le champ d'or *** the golden field

Le 01.05.09 à 15H10

Tous nous avons des petits gestes, des comportements étranges, des formules cabalistiques pour conjurer ou favoriser le sort. Croiser les doigts, souffler sur la pointe d’un avion en papier avant de le lancer, éviter ou prononcer certains mots.

J’étais aux prémices de ma courte carrière professionnelle. C’était il y a bien longtemps. C’était même deux ans avant de passer mon diplôme, vous dire comme j’étais jeune et belle alors. Je travaillais dans un bureau d’études du bâtiment et m’étais rendue sur un chantier avec mon supérieur, un vieux de quarante balais au moins. En sortant de sa voiture, j’avais trouvé une menue pièce de monnaie que Christian L. m’avait dit de mettre dans ma poche et de conserver précieusement : trouver une pièce dans un endroit où on est pour la première fois porterait bonheur. Avez-vous entendu parler de cela ?

Le premier mai, jour du muguet, je ne sais sous quelle inspiration, j’ai fait quelques pas sur une portion de l'ancienne voie romaine dite "Chaussée Jules César" que je n’avais jamais foulée encore, et j’ai trouvé ce champ d’or, et non seulement le champ mais cette oasis si loin, si près, comme un mirage au-delà d’un désert vert : le village de Montgeroult sur l’autre versant du vallon de la Viosne, au-delà de Courcelles-sur-Viosne.

Je savais qu’il y a un château à Montgeroult, je savais qu’il est un joli village, mais je n'y suis encore jamais vraiment allée.
Le champ d’or je l’ai engrangé dans mon appareil photo, même si l’éclairage ci, l’heure ça, car je ne pourrai plus le faire et emporter ce trésor avec moi en y étant pour la première fois...



lundi 4 mai 2009

L'enfermement *** locked in



Cher Ami,

Je t’écris, je n’arrive plus à parler. Ma bouche est sèche de mes cris d’angoisse. Je crois que je n’ai même plus l’envie de m’enfuir ou de rêver d’autres rivages, d’autres terres colorées, emplies de senteurs subtiles et de parfums enivrants. Mes forces s’épuisent petit à petit entre ces quatre murs, qui parfois n’en forment plus qu’un que je suis incapable de franchir. Il y a des jours où je crois que ma démence va me tuer, d’un coup de sabre rageur. Il y a des minutes où je me vois m’effondrer lentement, dans un dégagement de poussières infimes qui ne formeront qu’un tas disgracié en touchant ce parterre si bas. Et je désire ardemment que cette folie me tue comme elle en a tués d’autres que moi. La douleur, c’est bien quand on peut l’interrompre, quand on peut l’apprivoiser, quand on sait exactement de quoi on souffre et comment on peut le soigner. Hélas mon ami, bien que bénéfique pour l’élévation de l’âme, si cette douleur s’installe là, tout près, tapie dans la pénombre, elle devient comme la pourriture, filante et irréelle, avec une odeur acre qui usurpe l’air dans les poumons et envahit la bouche d’un goût amer. Je souffre de cette douleur et je ne sais pas comment la dompter. Toute cette vie dehors, et maintenant cet enfermement dans ce lieu si sombre, annihilent ma personnalité et me font oublier qui je suis vraiment.
D’ailleurs, pour les vivants, je suis déjà mort au fond de ce trou. Je n’existe plus, je ne suis que l’ombre de mon ombre, négation de ma naissance et de mon existence sur cette terre. Le nom qu’on m’avait donné en des temps immémoriaux où j’étais encore quelqu’un aux yeux des autres, un nourrisson promis à un brillant avenir, ce prénom qui habille tout être humain, n’est finalement devenu qu’un surnom sur ma carapace, comme un qualificatif sans forme et sans résonance. Je suis devenu « le fou du fond du couloir », le numéro 666, monstre bestial et meurtrier qui évolue dans ces bas-fond de turpitude. Et la négation de moi-même, par l’affirmation de mon évanescence, va me conduire irrévocablement dans le monde des disparus, tôt ou tard.

Et là, au-dehors, au travers des murs opaques, j’aperçois cette lueur qui m’attire inexorablement, vers la plénitude de ma non-existence, fantôme parmi les morts, même pas encore détruit que déjà oublié pour le commun des mortels qui m’entourent. Dégoût et lassitude sont devenus mon lot quotidien et je m’enferme peu à peu dans la prison de ma prison, réceptacle de ce corps calciné par les blessures que l’on m’a infligées.
Il n’y a plus d’espoir, je sais que je dois le faire, pour ne pas continuer à sentir ces remords qui m’arrachent des cris de douleur dans mes cauchemars. Cette trahison dont je ne suis pas responsable, ces crimes que je n’ai pas commis mais qu’on m’impute pour soulager la conscience des coupables broient ma lucidité qui n’est plus que déliquescence de mon être suprême. On m’a enfermé pour laisser les autres en liberté, on me dit fou pour que les autres ne saisissent pas leur propre folie et la justice des humains n’est que le bras amer de la puissance des vivants qui gouvernent ce monde… de fous.

Il n’y a plus de rêves, il n’y a plus ces montagnes de couleurs que j’essayais d’imaginer dans mes espoirs les plus chers. Je voulais sortir de ce trou et on m’a barré ma libération avec des traitements qui ont fini par taire mes aspirations. Je sens que peu à peu, je m’enfonce dans cette terre meuble et le peu d’intelligence qui me reste sera anéanti par les médicaments qu’on m’administre. J’ai fini par croire que je pense trop et j’aspire peut-être, enfin, à devenir cette bête que l’on croit que je suis, ce monstre de haine que l’on brandit sans cesse au-dessus de ma couche. Cette pensée, il est vrai, me fait approcher peu à peu du sentiment de non-compréhension de ce qui m’entoure. Je vomirai peu à peu cette conscience qui me fait encore entrevoir une onde de lumière dans le fond de ces entrailles.

C’est la dernière fois que je t’écris car la folie que l’on m’impute me tue lentement. Comme homme, on peut mourir à toute heure, à toute minute, par accident, par volonté et il n’y a rien qui peut empêcher cette mortalité. C’est un cheminement fatal et la révélation du néant qui suivra s’est attachée à mon enveloppe comme pour m’habiller de frasques pour mon dernier voyage. Mais je suis encore pour l’instant emprisonné en moi, dans les murs de mes chairs, mon corps est mon carcan.

Mon ami, il y a des jours où je vois cette masse sombre s’éclairer de quelques lueurs. Si seulement je pouvais sortir de cet enfer, si je pouvais m’enlever ces chaînes invisibles que l’on met sur mes poignets. Si je pouvais faire un procès à cet aréopage de savants plus fous que moi. M’élever au-delà de ces murs de poussière et rejoindre le peu de chaleur que le soleil peut encore accorder à cette terre avant son coucher définitif, tué par des hommes avides de commander la lumière. Mais ces visages méphitiques qui enfoncent tous les jours des aiguilles dans mon bras pantelant m’inondent de traitement de poisons éternels, culmination de la science humaine qui croit gouverner un monde qui s’impose pourtant tout seul.

J’ai envie de crever et je ne t’écrirai plus. Je sais que de toutes façons tu n’existes que dans ma conscience, celle qui me fait croire que je suis encore un homme et non une bête féroce. Tu n’as d’ailleurs jamais répondu et tous ces feuillets que je remplis de hiéroglyphes illisibles pour le commun des mortels continueront à s’empiler sur les montagnes de déchets de la servitude humaine. Et pourtant mon Ami, si tu savais comme j’aimerais traverser ces murs de sombres traits qui strient mes yeux, ma tête et mon corps, afin de retrouver la chaleur de tes bras et la lumière diffuse du lever du jour. Si tu savais mon Ami...


Numéro 666


© Delphinium Mai 2009


[Photos Cergie]

vendredi 1 mai 2009

Boissy-l'Aillerie (95) : les cocons *** cocoons

Le 21.04.09 à 11H15

Ayant passé le portail rouge et la porte de bois, dans la tour je trouvai un couvain abandonné de reines fécondes...
(Fin)

Having passed the red gate and the wooden door, I found in the tower an abandonned brood comb of fecund queens...
(The end)

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