Le 11.11.09 à 11H35
Les fourmis champignonnistes du genre Atta se déplacent en colonne et transportent des morceaux de feuille. Elles sont moins difficiles à observer qu'à photographier, comme tout ce qui est petit.
Je vous épargne aussi mes propres images de l'agouti (délicieux rongeur herbivore ; pour le guyannais tout animal peut se manger) que nous avons eu la chance de croiser en arrivant sur l'île Royale.
Alors que nous en repartions, ce singe ne nous a guère prêté attention ...
Le 11.11.09 à 11H05
Ces jacinthes d'eau nappent l'ancienne carrière transformée en réservoir pour l'eau de pluie qui seule abreuve les îles du Salut.
Nous en avons observées aussi sur la rivière de Kaw où elles ne sont pas invasives, quoiqu'elles n'y risquent pas le gel qui leur est fatal en métropole...
jeudi 10 décembre 2009
Ile Royale (Guyane) : la faune et la flore *** wildlife
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mardi 8 décembre 2009
Ile Royale (Guyane) : et maintenant *** and now
Le 11.11.09 à 11H05
Le CNES (Centre national d'études spatiales) est propriétaire depuis 1971 des îles du Salut (sauf certaines enclaves comme le phare et ses dépendances appartenant à l'Etat). C’est lui qui effectue l’entretien et la rénovation des lieux, la sauvegarde difficile du patrimoine. Il ne peut faire obstacle à leur aménagement touristique.
Sur l'île Royale, un hôtel a été construit qui propose un hébergement en chambres ou dans les logements du personnel (photo). Un Musée du bagne s’est créé dans la maison du directeur.
Et pourquoi le CNES ? Parce que les îles sont à 14km de la base spatiale de Kourou, de plus en un endroit stratégique sous la trajectoire des fusées.
Justement, demain 9 décembre partira un lanceur Ariane 5 qui mettra en orbite un satellite militaire pour le compte du Ministère de la Défense Français. L’île est évacuée. Un outil de surveillance est depuis 1995 sur l'Ile Royale. C’est un ciné télescope K400 (photo).
Ah ! Elle est bien loin l’époque du sémaphore à disques optiques !
Le 11.11.09 à 11H10
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dimanche 6 décembre 2009
Ile Royale (Guyane) : la case du semaphore *** the Signal Station Cabin
Le 11.11.09 vers 11H30
Presque quatre semaines que j’ai laissé derrière moi les îles du Salut (Devil’s Islands encore aujourd’hui en anglais). J'ai besoin de ce message puis d'un autre pour parler succinctement de l’île Royale, la mieux entretenue des trois, la plus grande (28ha), la plus haute au dessus de l'océan (66m).
Lorsque j’ai dégringolé cet escalier de pierre construit par les forçats, j'ai tourné les yeux vers le point culminant de l’île. Se retournant sur un chemin parcouru, le regard est différent, toujours. Il est éclairé de ce qu'il a déjà vu, qu'il cherche alors et qui s'inscrit dans le paysage.
Si je n’aime guère anticiper, j’aime avancer ainsi à reculons.
Lors, mes yeux étaient sur ce toit et cette avancée de tôle...
La case du sémaphore...
La fonction de guetteur était assumée par un bagnard équipé d’une longue vue. Guillaume Seznec (il est resté en Guyane 20 ans dont 19 aux îles du Salut) y a habité et en a assuré le fonctionnement.
Le sémaphore à disques a disparu. J’ai vu sur une photo d’époque qu'il flanquait la case sur cet épais mur en épi. Il était relié par des signaux lumineux à la tour qui se dresse à la pointe des Roches à Kourou et porte actuellement le nom de Tour Dreyfus.
L’île Royale est bien entretenue je vous expliquerai et illustrerai pourquoi. Ainsi en est-il de cette case, avec son toit de tôle et sa charpente, ses menuiseries de bois.
En Guyane les toitures sont très majoritairement en tôle ou en palme et ont une très faible durée de vie, la faute à l'humidité. Les charpentes sont très vite réduites à néant par les redoutables termites.
Les murs des cases de l’île St Joseph tiennent encore assez vaillamment debout, mais voilà pourquoi il n’y a plus de toit.
[Quoique... Sur les geôles, des toits il n’y en avait pas : juste des grilles pour autoriser la surveillance des rondes de surveillants]
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vendredi 4 décembre 2009
Ile St Joseph (Guyane) : la pluie et le vent *** rain and wind
LE 11.11.09 à 14H40
Les palmes bruissèrent. La pluie, lourde, drue, se mit à tomber. Je glissai l’appareil de photo dans une pochette en plastique. Le temps de rejoindre la plage, j’étais trempée comme une soupe. J'abritai le sac à dos sous un tronc de cocotier.
Je m’assis dans les vagues. La mer était chaude, plus chaude que la pluie et le vent.
L'horizon s'est dégagé. Nous avons quitté l’île. Le bateau monta en puissance et l'alizé m’enveloppa de son souffle tiède...
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mercredi 2 décembre 2009
Ile St Joseph (Guyane) : la reclusion *** imprisonment
Le 11.11.09 à 14H30
[A gauche, un wacapou (Vouacapoua americana), il me semble...]
Albert Londres, journaliste et écrivain français (1884-1932), s’est rendu en Guyane en 1923. Les conditions réelles du bagne sont alors ignorées de tous. Et même des autorités. Et même des condamnés eux même qui souvent étaient volontaires au départ.
Personne ne savait...
Le "doublage" était une terrible clause édictée par la loi de 1854 sur la transportation. Il obligeait les bagnards à rester un temps équivalent à celui de leur peine, pour les inciter à peupler la Guyane. Il fallait alors subsister. Il était difficile de trouver du travail rétribué, et la tentation était forte de tomber dans la délinquance. Le voyage de retour de plus était à leurs frais. Ce temps après la libération était plus dur que celui de la condamnation qui, de fait, était alors à perpétuité.
Les condamnés pour une faute dérisoire (attentat à la pudeur, vol de nourriture) côtoyaient les criminels endurcis.
Suite aux dénonciations d’Albert Londres, la France fut mise au ban des Nations. Le dernier convoi de bagnards partit et arriva en 1938. Le dernier bagnard quitta le pénitencier de Saint Laurent du Maroni en 1953.
Sur l’île St Joseph, il y avait un asile de fou. On était déjà fou ou on le devenait à ne pas avoir de perspective d’avenir.
Il y avait de terribles geôles pour les "récalcitrants" où dans le noir on était à l’isolement.
Les arbres que plus personne n'enlève ont pris possession de l’île St Joseph malgré la faible couche de terre. Il semblerait que, comme les épiphytes, ils se nourrissent de la chaleur, de l'humidité, de l'air.
Et aussi du souvenir de la peine des hommes ?
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lundi 30 novembre 2009
Ile St Joseph (Guyane) : le Cimetiere Du Personnel Du Bagne
Ile St Joseph, le 11.11.09 à 12H35
La Guyane est juste au dessus de l’Equateur. En une journée, 24 heures de rotation de la Terre, elle parcourt une plus longue distance que la Finlande ou la Suède par exemple (cela est l'un des intérêts majeurs de l’implantation à Kourou de la base spatiale dont je devrais parler un peu plus tard).
Alors peut-être y vieillit-on plus vite ? Les choses y évoluent-elles plus vite ?
Toujours est-il que bien que Cayenne se trouve à la même latitude qu’Abidjan où j’ai passé une partie de mon enfance (de 3 à 14 ans), bien que l’Amérique du Sud soit la sœur siamoise de l’Afrique dont elle s’est éloignée à la faveur de la dérive des continents, je leur ai trouvé bien des différences. Sans doute, depuis tout ce temps ai-je changé de regard. L’adulte et l’enfant ne remarquent pas les mêmes choses.
Tout de même...
J’ai été étonnée de ne pas être assaillie d’insectes les soirs à la veillée. Les moustiques ne se sont rués sur nous qu’à l’embouchure du fleuve Maroni, à l’extrême Nord-Est, au-delà de la commune d’Awala-Yalimapo peuplée d’Amérindiens. Nous avons dormi dans un carbet flottant sans moustiquaire dans le marais de Kaw.
Et, laissant le bateau à la dérive, nous nous sommes baignés au large de l’île du Diable dans l’anse de Bora-Bora sans craindre les "dents de la mer"...
Ile St Joseph, le 11.11.09 à 13H10
Autrefois, les îles du Salut étaient nommées "îles du Diable", à cause des courants meurtriers. Leur nouveau nom leur vient de leur climat, plus sain que sur la côte, qui a sauvé certains rescapés de la désastreuse expédition de Kourou (1763-1765. Celle-ci avait comme ambition de peupler la Guyane. 7000 sur 12 000 ont péri).
Quant à la Guyane, elle a pris alors le surnom d’"enfer vert" dont, encore aujourd’hui, elle a du mal à se défaire.
A l'époque du bagne il n’y avait pas tous ces cocotiers qui auraient pu servir à construire des radeaux...
La couche de terre à la surface de l’île est peu épaisse. Aussi, est-il difficile de creuser des tombes. Les corps des bagnards décédés étaient donc jetés à la mer dans des cercueils légers percés de trous et souvent rejetés par les flots.
Le Cimetière Du Personnel Du Bagne est bien entretenu, peut-être par la Légion Etrangère qui a un poste sur l’île St Joseph.
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vendredi 27 novembre 2009
Iles du Salut (Guyane) : une carte postale *** a postcard
L'île du Diable vue depuis la toute petite plage de coquillages de l'île St Joseph, le 11.11.09 à 13H35
De la Pointe de la Roche à Kourou, les Iles du Salut se profilent à l’horizon.
Le 11 novembre, jour férié comme partout en France, nos cousins nous y ont menés sur leur Sea Ray 200, bateau à moteur de 6m15 de long.
Ces îles d’origine volcanique sont aujourd’hui un lieu paradisiaque. Elles furent un enfer pour des milliers de bagnards.
De nos jours, plus de ces requins qui se repaissaient des corps jetés à la mer. Et heureusement, car pour aborder l’île Saint Joseph, à moins de disposer d’un zodiaque, il n’est d’autre possibilité que de le faire à la nage.
Saint Joseph offre la seule vraie plage du site. Celle-ci est située juste en dessous du cimetière marin des surveillants. Elle fait face à l’île du Diable qui ne se visite pas et où fut retenu le capitaine Dreyfus. Elle est ombragée de cocotiers auxquels il est possible de suspendre des hamacs pour y passer une nuit paisible bercée par le bruit des vagues... Si on sait occulter la sinistre mémoire de ces lieux...
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