Le 28.08.07 à 13H00
Jeudi dernier, je suis allée voir "Izis, le photographe rêvé de Paris" [Exposition gratuite à l'Hôtel de Ville (Paris 4ème), jusqu'au 29 mai].
L'attente n'a pas été bien longue, cependant le vent était glacial et un petit crachin a fait s’épanouir les pépins dans la file.
Je suis ressortie abasourdie, retenant d’une main mon pébroque et portant de l'autre le livre de l’expo dans un sac de plastique transparent. La pluie était à présent battante. Plutôt que de rester en plein air pour cheminer vers la station de RER Châtelet-Les-Halles, je me suis engouffrée dans la bouche de métro la plus proche et ai beaucoup marché en souterrain pour avoir ma correspondance.
Israëlis Bidermanas (Marijampolė en Lituanie 1911-Paris 1980) dit "Izis" arrive à Paris en 1930 à 19 ans avec 7 francs en poche sans parler un mot de français. Un solide bagage acquis en apprentissage depuis l’âge de 13 ans chez un excellent photographe va lui permettre de survivre à défaut de gagner décemment sa vie puis de trouver un emploi stable, d’épouser la fille du patron et de réussir comme portraitiste dans le 13ème.
De 1941 à 1944, pendant l’occupation, la famille se réfugie à Ambazac dans la Haute-Vienne. A la libération Izis est à Limoges et tâche d’oublier tous ses savoir-faire de studio pour une série de portraits de 70 maquisards.
[Tel est le destin. On le maîtrise parfois et à la fois il s’impose.]
Puis Izis retrouve Paris. Il travaille pour Paris Match, rencontre Colette, Chagall, Prévert et tant d’autres, va en Israël, à Londres, met en forme ses livres "photo-poème" et photographie Paris dont la Seine et les amoureux...
Avec beaucoup d'humilité, j’ai regardé les photos d'Izis. J'ai lu et aimé son explication :
"J’appuie sur le déclic quand je suis à l’unisson de ce que je vois."
Ma photo a attendu plus de deux ans et beaucoup d'eau du fleuve a coulé avant que je ne me décide à la montrer.
Qu'en est-il de ce couple aujourd'hui ?
Qu'importe. Ces deux là se sont aimés, ô combien, apparemment !
La photographie et la vie enfilent les instants d’éternité...
