mercredi 7 novembre 2007

Eragny-sur-Oise (95) : la maison et le tilleul de Bernardin de Saint Pierre

Le 31.10.07 à 10H00

Deux ans en ville nouvelle d’Eragny avant de nous éloigner encore un peu de Paris. Nous avons alors déménagé à Cergy qui touche à la fois Eragny-sur-Oise et le Vexin français. Nous aimons Eragny et son vieux village.
Le botaniste et écrivain Bernardin de Saint Pierre (Le Hâvre 19 janvier 1737 - Eragny-sur-Oise 21 janvier 1814) a habité le vieux village d’Eragny durant ses dix dernières années. Il y a vécu, il y est décédé dans cet ancien prieuré du XVIIème siècle.
Le prieuré est en rénovation. Le jardin est un parc aménagé de jeux pour enfants.
J’ai toujours aimé les tilleuls. Ces arbres dociles se prêtent si bien à la taille et, malgré leur bois fragile utilisé pour faire des allumettes, font de beaux et vénérables vieillards. La feuille en cœur rappelle le port de l’arbre entier.
Devant le prieuré est un tilleul séculaire. Je l’ai photographié en toutes saisons, mais c’est à l’automne qu’il est le plus beau. L’année dernière, les tilleuls ne sont restés parés d’or que très peu de temps et le vent a emporté mes velléités de photographie. Cette année j’y suis enfin parvenue.
C’est pour cet arbre que j’ai ouvert et lu pour la première fois le roman "Paul et Virginie". Ce livre, tant aimé par mon arrière grand'mère, dormait dans notre bibliothèque.



We lived during two years in Eragny-sur-Oise’s new town before moving a little farer from Paris. Then, we moved in Cergy which is just between Eragny-sur-Oise and a natural area called French Vexin. We do like Eragny and his old village.
The botanist and writer Bernardin de Saint Pierre (Le Hâvre January 19, 1737 - Eragny-sur-Oise January 21, 1814) lived in Eragny’s old village during his ten last years. He lived there, he died there, in this ancient priory (XVIIth century).
At the present, the priory is being restorated. The garden is a park now, equipped for children. For ever, I like lime tree. This flexible tree is so easy to prune and, despite his tender wood used to make matches, he can become a beautiful and worthy old guy. His heart shaped leaf features his general bearing.
There is an ancient lime in front of the priory. I photographed him in all seasons, in autumn he is particularly gorgeous. Last year, lime remained bedecked in gold only during very few time and the wind carried away my photography inclinations. Finally, this year I managed.
Because of this singular tree, I opened and read for the first time the novel "Paul and Virginia". This book, which my great grandmother liked so much, was sleeping in our bookcase.


Le 04.11.07 à 12H25

So... It’s time now to shut the keepsake box...



Et voilà... Il est temps à présent de refermer la boîte aux souvenirs...

lundi 5 novembre 2007

Book Cover Tag : "Paul et Virginie" (Bernardin de Saint Pierre)

Le 03.11.07 à 15H40

"The more I scream that I don't want to be tagged, the more I get tagged. This time I'm the hpy victim of HPY.

Rule:
Go to the advanced book search on Amazon, type your first name into the Title field, and post the most interesting/amusing cover that shows up".

I preferred to photograph and thus show objects which I do not have difficulties to get. These ones belonged to my great grandmother. I took out the doll of its carton and the books of our bookcase.
"Paul et Virginie" was a best seller on my great grandmother’s time. It was written by Bernardin de Saint Pierre (1735-1814). It’s a dramatic novel as famous in France than William Shakespeare’s "Romeo and Juliet" in the world.
My copy of this book was published on 1842.

(To be continued)




Plus je proclame que je ne veux pas être tagguée, plus HPY, notamment, me taggue ! Sous toutes mes identités et sur tous mes blogs que cela soit Marguerite (Jardin de Marguerite) ou Cergie (Cergipontin ou Passerelle). Je fais comme si je n’avais rien compris aux règles édictées en anglais, pour les interpréter à ma façon. Cela m’arrange.

A notre époque, l'on commande tout sur internet. L'on souscrit sur internet pour pouvoir lire des livres qui ne sont pas même encore écrits. Un ami m'a prêté un livre. C'est la meilleure manière, à mon sens, de s'en procurer un bon. Je viens de commencer avec délectation "Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen" (2007) chez "Denoël et d’ailleurs" du finlandais Arto Pasilinna, auteur également de "Le Lièvre de Vatanen "(2006).
Ce n'est pas de ce livre que je vais parler. Il n'est entré dans ma vie que trop récemment.

Une autre façon de se procurer un objet est de l'avoir depuis toujours en sa possession.
De sa boîte en carton, j’ai sorti la poupée de mon arrière-grand'mère...
De notre bibliothèque, j’ai tiré des livres qui lui ont appartenu. Les jeunes filles de son époque lisaient "Paul et Virginie" de Bernardin de Saint Pierre (1735-1814). Cet exemplaire a été édité dans la "Petite collection Guillaume" par E. Dentu, en M DCCC XCII. Cela ne me rajeunit guère...

(A suivre)

vendredi 2 novembre 2007

Revenir sur mes pas *** To retrace my steps

Blois, le 27.07.07 à 15H30. Photo : Cergie

Revenir sur mes pas

Lorsque qu’elle était enfant, Maman lui achetait des chaussures de multiples couleurs et petite fille, elle gambadait à travers la vie, sans soucis du lendemain, sauf ceux des devoirs et des leçons de son âge, chaussée de tous ses rêves et parcourant la route de l’enfance en chantant joyeusement.

Espadrilles, sandales, ballerines. Des rouges, des bleues, des blanches.

Avec ses crayons de couleur magiques, elle façonnait le monde à sa manière, quelques coups par-ci, un peu de couleurs par-là et ses chefs-d’oeuvre naïfs lui renvoyaient l’image d’une famille heureuse et unie. Papa était fort comme un roc, Maman tendre comme la goutte d’eau qui roule pour enlever toutes les poussières des ennuis d’enfant.

Ses rêves partaient au-delà des montagnes pour y trouver la pureté de l’univers. La terre était ronde et où qu’elle se trouvait, elle n’avait qu’à tendre les mains pour rencontrer le bonheur.
Depuis son balcon, elle pouvait toucher des doigts les montagnes, saisir délicatement les flocons de neige qui tombaient et rêver à une terre blanche et ouatée dans laquelle plonger voluptueusement. Lorsque l’été rougeoyait, elle s’imaginait son village endormi sous la neige. Alors que l’hiver s’étendait, elle revoyait le chaud soleil lécher doucement les chères parois rocheuses lors des crépuscules étincelants. Le monde, c’était elle qui le construisait, avec ses songes d’enfant, simples et colorés, célébrant la douceur de vivre. Et elle imaginait son prince l’enlever par-dessus les nuages pour atteindre le sommet inaccessible de sa montagne adorée.
Même quand les cieux ouvraient leurs écluses, avec ses bottines colorées, elle réinventait la lumière de l’astre de feu et elle faisait chantonner les oiseaux en sautant allègrement dans les flaques sur les chemins de l’école.

C’était simplement l’enfance
Temps de l’éternelle innocence, temps de la transparence, temps de l’insouciance


Et puis elle a grandi et ses chaussures colorées sont devenues bien trop étroites pour franchir les obstacles semés tout au long du chemin de l’existence.
Espadrilles, sandales, ballerines. Les rouges, les bleues, les blanches.

Brusquement, sans s’y attendre, elle avait atteint l’âge de la déraison, ramassant en pleine face les éclats de ce monde de fous. Le temps n’a plus débordé de la coupe de ses songes. Et les draps frais qui sentaient bon les comptines chatoyantes se sont transformés peu à peu en un linceul gris qui enveloppa secrètement ses espérances enfantines.

Les rêves qu’elle avait encore se bornaient à se heurter aux parois de son incompréhension. Depuis la fenêtre de son cœur, elle essayait encore de tendre la main pour retrouver le bonheur enfoui dans ses souvenirs, la chaleur du foyer mais le temps filait entre ses doigts et les cailloux dévalaient les montagnes en une avalanche d’interrogations infinies. Il n’y avait plus de printemps, rien qu’un hiver froid et sans fin qui encerclait toute vie et la rendait fugace et ténébreuse. Le monde n’était plus rien, qu’un bateau ivre qui prenait l’eau sur les rivages de l’univers, dans une atmosphère d’apocalypse et de turpitudes. Et le prince n’était qu’un guide fou dans un désert rempli de mirages orgueilleux.
Même quand le soleil réchauffait l’atmosphère chargée de poussière de plomb, elle n’arrivait plus à se souvenir de sa caresse sur sa peau et elle parcourait le chemin de la vie comme un automate déjanté gesticulant dans la foule des anonymes.

Ce n’est plus le temps de l’enfance
Tout est devenu lourd et opaque à porter


Espadrilles, sandales, ballerines. Les rouges, les bleues, les blanches.
Elles sont devenues maintenant minuscules ces chaussures dans lesquelles elles voudraient à nouveau gambader, parcourir les sentiers pour retrouver tous ses amis perdus, tous ces gens partis, dit-on, dans un paradis auquel elle ne croit plus. Elles n’existent même plus, juste peut-être dans des souvenirs émus ou sur des photos de vacances jaunies qui racontent tant de moments de bonheur envolé.

J’ai une requête, simple et pourtant irréelle. J’aimerais retrouver mes espadrilles, mes sandales, mes ballerines. Les rouges, les bleues, les blanches.

J’aimerais être vêtue de rêves et de couleurs pour que, où que j’aille, les chemins pris se transforment en cascades de joyaux infinis et chatoyants.
J’aimerais que mon prince me saisisse délicatement dans ses bras pour me transporter au-dessus de la couche des nuages sombres afin de me montrer que le monde est encore lumineux.
J’aimerais sauter dans les flaques et rire aux éclats et que les gouttelettes d’eau roulent et fassent disparaître toutes les poussières accumulées sur ces visages d’enfants.
J’aimerais avoir assez de crayons de couleur pour dessiner toutes les personnes chéries et les mettre côte à côte près de moi afin de les avoir toujours dans mon cœur.
J’aimerais colorier les bulles des songes des gens que j’aime pour leur dire, aimons-nous, rions, avant qu’il ne soit trop tard.
J’aimerais que mes pieds, chaussés d’étincelles de vie délirante, transfigurent mes pas, malaxent la tourbe triste de nos existences et la transforme en poussière d’étoile et d’arc-en-ciel déposée délicatement dans les tréfonds de mon cœur.

J’aimerais simplement

Revenir sur mes pas

©
Delphinium Novembre 2007





Blois, le 27.07.07 à 15H20. Photo : Cergie

J’ai pris la photo des petites chaussures à Blois en bord de la Loire. Il m’a semblé que seule Delphinium pourrait en tirer quelque chose et je la lui ai soumise dès que je suis rentrée à Cergy.
Lorsque j’ai reçu son texte, j’ai été ahurie. Ce texte collait étroitement à ce que nous avions ressenti Patrick et moi ce jour là, à cet endroit là...

Nous étions au Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire, ce dimanche là. Nous avions couché à Blois, le samedi soir, et y sommes repassés en repartant sur Paris. Tout ce temps Patrick a eu les yeux tournés vers le fleuve. Il me serinait sans arrêt : "c’est incroyable, la Loire n’est jamais si haute en été"... Il me faut préciser que toute son enfance et adolescence s’est passée à Saint-Sébastien-sur-Loire, dans la banlieue nantaise (44). Et de ci, de là, nous descendions sur une berge. Nous regardions un pont, un barrage de régulation de débit, des gabares.
Ces deux photos ont été prises à Blois près du pont. Cet homme nous a interpellés. Il nous a proposé de traverser à bord de cette antique charretière. Patrick a refusé. Cet homme et moi avons beaucoup insisté. Rien à faire. J’ai alors pris la mesure de sa nostalgie. Il était en bord de Loire. Il avait besoin de recueillement et de se retrouver seul avec lui-même et le fleuve.
La charretière est partie en travers du courant. Nous sommes remontés vers la voiture, j’ai vu les chaussures oubliées sur une table de pique-nique. Un rayon de soleil, je les ai photographiées. Nous sommes partis en direction de Paris. Patrick alors a dit : "j’aurais dû"...
Il le dit, encore aujourd’hui. Mais il ne pouvait ni ne peut plus retourner sur ses pas...

Merci à Delphinium. Sans que nous en ayons parlé, elle a soupesé le poids de ces petites chaussures à l’aulne d’une mélancolique et tendre nostalgie.
Merci Delphinium, tu as offert, comme un baume, ce texte consolateur à ces petites chaussures surgies du passé au bord d’un fleuve.

Cergie



I’ll not translate this entire message but just give some explanations.
On last summer, I sent a photograph to Delphinium and here at the top, is the text she wrote. A bit nostalgic and a lot poetic. It speaks about a person who regrets the time of her childhood and would like to retrace her steps.
How weird it is. My husband and I felt this nostalgia too when I took this photograph.
We were close of Blois, one town where is a royal castle, alongside Loire River, during a weekend. I must say that my husband lived as kid and teenager near Loire River. We were looking at the river when this man on the second picture offered us to go up on this "charretière", which is an ancient boat to carry carts. Patrick said "no thank you". I know why. He needed only to look at the river. I saw the small shoes on a picnic table and photogaphied them. When we were in our car, my husband regretted not to have accepted. He would have liked to retrace his steps. At the same time in the past and on the ancient boat...

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