vendredi 5 mars 2010

Remire-Montjoly (Guyane) : les esprits *** spirits

Le 18.11.09 à 14H30

Elle est incroyable la lumière en Guyane, même à l’ombre ! Mais lorsque le soleil se couche (si tôt à l’équateur) l’ombre se fait alors bien sombre...

Nous étions arrivés par la navette Orly-Cayenne avec une heure de retard sur l’horaire habituel pour cause d’opération de maintenance exceptionnelle. Le soir puis la nuit étaient descendus sur la nationale 1 avant Kourou. Notre cousin nous a fait remarquer les cyclistes circulant sans éclairage. "Comme c'est dangereux !" avons nous pensé. Il a alors expliqué que cela préservait d'être suivis jusqu'à la maison par les esprits.
Cette précaution m'a semblé raisonnable, à moi qui crains beaucoup les esprits de la nuit !



J’ai traversé la route au péril de ma vie pour prendre la publicité ci-dessous (que j’ai déjà montrée) située diamétralement en face de la boutique ci-dessus...

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► 31 décembre 2009


mercredi 3 mars 2010

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) : l'ancetre *** the ancestor

Le 16.11.09 à 9H40
La picolette a un chant mélodieux, c'est à la fois une bête à concours et un véritable ami pour le guyanais.



Le premier que j’ai remarqué se baladait sur une épaule au marché de Saint-Laurent-du-Maroni. Notre cousin m’a expliqué que c’était un "ancêtre". Il a ajouté que certains de ses collaborateurs guyanais viennent même avec le leur au travail.
Après cette rencontre, j’en ai croisés partout : sur des vélos, des portails, des poteaux électriques en pleine ville ou à l’écart. Bien sûr, j’avais très envie de les photographier. Mais je n’osais pas.
Celui-ci ci-dessus je ne l’avais pas vu. J’attendais à l’agence de location de voitures sous un préau. C’est lui qui m’a fait signe par son tapage et ses aller-retour au dessus de ma tête. Il m'a aguichée. Je l'ai photographié...
Par la suite, le cuisinier du carbet flottant sur la rivière de Kaw qui déplaçait son oiseau en cage tout au long du jour, m’a dit l'élever pour son chant et n’a émis aucune objection à ce que je le photographie
Il me plait de croire encore en l’ancêtre, pourtant...

Le 19.11.09 à 12H10
Cliquer sur l'image pour l'agrandir...


Le 16.11.09 à 10H30

lundi 1 mars 2010

Ile Saint Louis (Paris 4eme) : un instant d'eternite *** eternal instant

Le 28.08.07 à 13H00
Jeudi dernier, je suis allée voir "Izis, le photographe rêvé de Paris" [Exposition gratuite à l'Hôtel de Ville (Paris 4ème), jusqu'au 29 mai].
L'attente n'a pas été bien longue, cependant le vent était glacial et un petit crachin a fait s’épanouir les pépins dans la file.
Je suis ressortie abasourdie, retenant d’une main mon pébroque et portant de l'autre le livre de l’expo dans un sac de plastique transparent. La pluie était à présent battante. Plutôt que de rester en plein air pour cheminer vers la station de RER Châtelet-Les-Halles, je me suis engouffrée dans la bouche de métro la plus proche et ai beaucoup marché en souterrain pour avoir ma correspondance.

Israëlis Bidermanas (Marijampolė en Lituanie 1911-Paris 1980) dit "Izis" arrive à Paris en 1930 à 19 ans avec 7 francs en poche sans parler un mot de français. Un solide bagage acquis en apprentissage depuis l’âge de 13 ans chez un excellent photographe va lui permettre de survivre à défaut de gagner décemment sa vie puis de trouver un emploi stable, d’épouser la fille du patron et de réussir comme portraitiste dans le 13ème.
De 1941 à 1944, pendant l’occupation, la famille se réfugie à Ambazac dans la Haute-Vienne. A la libération Izis est à Limoges et tâche d’oublier tous ses savoir-faire de studio pour une série de portraits de 70 maquisards.
[Tel est le destin. On le maîtrise parfois et à la fois il s’impose.]
Puis Izis retrouve Paris. Il travaille pour Paris Match, rencontre Colette, Chagall, Prévert et tant d’autres, va en Israël, à Londres, met en forme ses livres "photo-poème" et photographie Paris dont la Seine et les amoureux...




Avec beaucoup d'humilité, j’ai regardé les photos d'Izis. J'ai lu et aimé son explication :
"J’appuie sur le déclic quand je suis à l’unisson de ce que je vois."

Ma photo a attendu plus de deux ans et beaucoup d'eau du fleuve a coulé avant que je ne me décide à la montrer.
Qu'en est-il de ce couple aujourd'hui ?
Qu'importe. Ces deux là se sont aimés, ô combien, apparemment !
La photographie et la vie enfilent les instants d’éternité...

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