Le Muy (Var), le 14.07.2026 à 10h58
Sur le rocher de Roquebrune je voulais bien grimper mais pas passer par la faille du Saint Trou ; je l'avais faite du temps où j'étais mince. J'avais eu l'impression de revivre ma naissance (se glisser, ramper, pivoter, lever la jambe, se hisser, tendre le bras pour s'extirper de l'autre coté à l'air libre). Alors, mon beau-frère m'a dit d'aller tout droit, de tourner à gauche à la chapelle puis à gauche puis à gauche et que l'on se retrouverait à l'ermitage dans le canyon. Il s'est engouffré avec nos deux cousins (dont l'un s'était auto-proclamé "serre-file", ce qui ne l'a pas empêché de me laisser seule) sous une arche de verdure. Je suis allée jusqu'à la chapelle, j'ai tourné, tourné, tourné, tourné... Et je suis arrivée au pied d'un chaos impénétrable après m'être fait lacérer le mollet par la salsepareille (quelle erreur d'être en short !).
Restée seule pendant une heure et demi, au sein de la forêt naturelle ("... Chêne liège, chêne vert, chêne blanc dit pubescent, micocoulier, platane, mimosa, châtaignier, pin maritime, houx, sorbier, genévrier cade, cyste cotonneux, myrte, bruyère arborescente etc..." - voir ICI, message sur Cergipontin), je tâchais de ne pas trop penser aux loups qui la fréquentent et qui en plein jour ont récemment croqué une brebis. Ma belle-soeur dit que l'on ne sait jamais s'ils sont là, car ils vont et viennent, à la suite des sangliers qui eux même ne restent pas en place. Je fus contente que le beau-frère et les cousins me retrouvent. Je me suis aperçue que grâce à mon sens de l'orientation proverbial j'étais descendue presqu'à l'orée de la forêt et que nous n'avions guère de chemin à faire pour rentrer déjeuner à la bastide. N'est-il pas connu que lorsque l'on tourne quatre fois dans le même sens l'on revient à son point de départ ?
... le 16.07 à 10h27
Thérèse a montré son magnifique coq de Provence. Celui-ci est un des quatre coqs de la Bastide, très métissé ; ce qui ne l'empêche pas d'être beau et vigoureux. Par curiosité j'ai cherché "race de poule de Provence" et ai trouvé "la Provençale" ou "cou pelé de la Sainte Beaume". Ma belle-soeur a eu des cous pelés à un moment. Elles ont sûrement des qualités mais ne sont réputées ni pour leur plumage ni pour leur beauté...
Lorsque le soir descend, les 4 coqs et les 22 poules se perchent dans les mûriers platanes, hors de portée des fouines, des renards et des loups. Les moutons sont rentrés à la bergerie ou parqués dans un enclos ceint d'une clôture électrifiée d'1m50 de haut. Lorsque nous allons nous coucher, le chien senior et le juvénile sont enfermés ensemble dans le poulailler pour une nuit paisible et sans responsabilité. La mère chienne est laissée libre tandis que son fils adulte est attaché au pigeonnier. Libres tous les deux, ils iraient courir le rocher. La bastide et les moutons ne seraient pas gardés
Depuis la RN7, la forêt de Fontainebeau à Achères-la-Forêt (Seine-et-Marne), le 18.07.2026 à 20h06
Notre beau-frère nous a expliqué que sans vent les risques d'un incendie étaient moindre. En cas de Mistral il est hypervigilant et ne s'éloigne pas. Le 1er juillet 2005, le rocher de Roquebrune avait brûlé (voir ICI) ; le feu s'était arrêté à la limite de la bergerie. Cependant, cette année après notre départ le feu s'est déclaré aux Arcs à 10 kms de chez lui, et il n'y avait pas de vent.
Nous avons pu traverser la forêt de Fontainebleau par la RN7 pour rentrer à Paris.
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lundi 3 août 2026
les Loups - i Lupi
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Cergie
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Libellés : coq, forêt, forêt de Fontainebleau, Le Muy, rocher de Roquebrune, Var
vendredi 5 janvier 2007
Nos ailes en des cendres
Nous allons finir par nous brûler les ailes
A force de faire le grand écart
On peut faire mine de marcher sur des œufs et de mettre les points sur les i
L’écart se creuse et les feuilles tombent
Les corps se bronzent sur les plages
Et là derrière, la dernière page se tourne
Tout le monde tire sur la couverture
Et nous allons finir par nous brûler les ailes
Nous allons finir, tout court
Tu cours, tu cries, mais quand tu passes ta main tes doigts sont gris
De poussières acides et de rayons ultra-violents
Nous brûlons les branches sur lesquelles nous sommes assis
Nous scions les planches qui font les lits des torrents de boue
Dehors l’air est vicié par nos agissements vicieux
On dort, on dîne comme si de rien
Mais c’est immense
Cette immense faiblesse nous perdra
Avec ou sans lumière, avec ou sans froid
Nous perdons le contrôle de tout ça
Et « ça », c’est tout
C’est tout ce qu’il nous faut
Et c’est beaucoup
Beaucoup d’attention qu’il faudrait
Nos intentions sont décevantes
Alors que nous amorçons la descente
Oui, nous allons finir par nous brûler les ailes
Car nos envies sont plus grandes que nos devoirs
Les ronronnements de nos machines couvrent les bruits du désespoir
L’environnement est un concept plutôt qu’un fait
Il faut qu’on s’aide et qu’on concède
Que l’on éteigne nos feux de joies
Que l’on allume les feux de détresse
Nous sommes en panne à l’intérieur
Nés sous les signes extérieurs
La maison mère est enflammée
Car cette vie là avec piscine
Détruit à petit feu ce qu’il nous reste
De mauvais plis en mauvais plans
Nous allons finir par nous brûler les ailes
Et pour notre dernier cadeau de Noël
Juste des cendres
Mais il sera trop tard pour se demander qu’en faire
Imparfait Présent
A force de faire le grand écart
On peut faire mine de marcher sur des œufs et de mettre les points sur les i
L’écart se creuse et les feuilles tombent
Les corps se bronzent sur les plages
Et là derrière, la dernière page se tourne
Tout le monde tire sur la couverture
Et nous allons finir par nous brûler les ailes
Nous allons finir, tout court
Tu cours, tu cries, mais quand tu passes ta main tes doigts sont gris
De poussières acides et de rayons ultra-violents
Nous brûlons les branches sur lesquelles nous sommes assis
Nous scions les planches qui font les lits des torrents de boue
Dehors l’air est vicié par nos agissements vicieux
On dort, on dîne comme si de rien
Mais c’est immense
Cette immense faiblesse nous perdra
Avec ou sans lumière, avec ou sans froid
Nous perdons le contrôle de tout ça
Et « ça », c’est tout
C’est tout ce qu’il nous faut
Et c’est beaucoup
Beaucoup d’attention qu’il faudrait
Nos intentions sont décevantes
Alors que nous amorçons la descente
Oui, nous allons finir par nous brûler les ailes
Car nos envies sont plus grandes que nos devoirs
Les ronronnements de nos machines couvrent les bruits du désespoir
L’environnement est un concept plutôt qu’un fait
Il faut qu’on s’aide et qu’on concède
Que l’on éteigne nos feux de joies
Que l’on allume les feux de détresse
Nous sommes en panne à l’intérieur
Nés sous les signes extérieurs
La maison mère est enflammée
Car cette vie là avec piscine
Détruit à petit feu ce qu’il nous reste
De mauvais plis en mauvais plans
Nous allons finir par nous brûler les ailes
Et pour notre dernier cadeau de Noël
Juste des cendres
Mais il sera trop tard pour se demander qu’en faire
Imparfait Présent
Imparfait Présent a écrit ce merveilleux poème, qu'il m'a donné à publier en même temps qu'il le publie. Vous pouvez découvrir d'autres textes sur son beau blog : "Je t'ai l'encre"
Photo : Cergie
Le Rocher a pris feu le 1er Juillet 2005 : incendie d'origine criminelle. Les deux enfants et leur cousin ont été envoyés dans les vignes qui sont en contrebas, les parents sont restés à la Bastide. Le feu s'est arrêté au dessus de la bergerie. Le Rocher est planté d'une forêt naturelle de toutes sortes d'essences. Chêne liège, chêne vert, chêne blanc dit pubescent, micocoulier, platane, mimosa, châtaignier, pin maritime, houx, sorbier, genévrier cade, cyste cotonneux, myrte, bruyère arborescente etc... Il faut imaginer le Rocher juste après l'incendie , l'odeur que je ne peux décrire puisque je n'y étais pas, les silhouettes calcinées. Certains arbres ont survécu et d'autres pas.
Imparfait Present wrote this wonderful poem. I'm publishing it here at the same time he's publishing it on his blog.The poem and the pictures I took on the Rock (where I was during my Christmas Time) are inspired by the problem of human nuisance on nature. The Rock was in fire the 1rst of July 2005, and it's still possible to see on it much scars of this tragedy...
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Cergie
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