dimanche 6 décembre 2009

Ile Royale (Guyane) : la case du semaphore *** the Signal Station Cabin

Le 11.11.09 vers 11H30

Presque quatre semaines que j’ai laissé derrière moi les îles du Salut (Devil’s Islands encore aujourd’hui en anglais). J'ai besoin de ce message puis d'un autre pour parler succinctement de l’île Royale, la mieux entretenue des trois, la plus grande (28ha), la plus haute au dessus de l'océan (66m).

Lorsque j’ai dégringolé cet escalier de pierre construit par les forçats, j'ai tourné les yeux vers le point culminant de l’île. Se retournant sur un chemin parcouru, le regard est différent, toujours. Il est éclairé de ce qu'il a déjà vu, qu'il cherche alors et qui s'inscrit dans le paysage.
Si je n’aime guère anticiper, j’aime avancer ainsi à reculons.
Lors, mes yeux étaient sur ce toit et cette avancée de tôle...


La case du sémaphore...
La fonction de guetteur était assumée par un bagnard équipé d’une longue vue. Guillaume Seznec (il est resté en Guyane 20 ans dont 19 aux îles du Salut) y a habité et en a assuré le fonctionnement.
Le sémaphore à disques a disparu. J’ai vu sur une photo d’époque qu'il flanquait la case sur cet épais mur en épi. Il était relié par des signaux lumineux à la tour qui se dresse à la pointe des Roches à Kourou et porte actuellement le nom de Tour Dreyfus.

L’île Royale est bien entretenue je vous expliquerai et illustrerai pourquoi. Ainsi en est-il de cette case, avec son toit de tôle et sa charpente, ses menuiseries de bois.
En Guyane les toitures sont très majoritairement en tôle ou en palme et ont une très faible durée de vie, la faute à l'humidité. Les charpentes sont très vite réduites à néant par les redoutables termites.

Les murs des cases de l’île St Joseph tiennent encore assez vaillamment debout, mais voilà pourquoi il n’y a plus de toit.
[Quoique... Sur les geôles, des toits il n’y en avait pas : juste des grilles pour autoriser la surveillance des rondes de surveillants]

16 commentaires:

  1. Le bleu du ciel est impressionnant!

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  2. Le petit-fils de Seznec qui a tant oeuvré pour la réhabilitation de son grand-père a été, il y a plusieurs années l'invité de l'association "Lire à Saint-Lô" pour présenter "l'affaire Seznec". Soirée mémorable ...L'animateur n'a eu qu'à laisser parler l'orateur pendant plus de deux heures !

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  3. On ne peut pas s'empêcher de penser à Robinson Crusoe ou à "l'ile au trésor".

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  4. Alain va fort, "l'ile au trésor" par certain pour les bagnards....c'est fou, parce que c'est vraiment paradisiaque comme ambiance et quand on pense a tout ce qui c'est passé avec les forçats...

    Je viens de finir mon tri et mes posts de la semaine sur le telethon, complètement rincé et naze, il y aura une Surprise Jeudi (je fais de la publicité ;o)).

    Bon go DODO............

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  5. La fameuse affaire Seznec ; il a donc eu un traitement relativement privilégié (si on peut dire) et a pu rentrer en France en vie (non pour longtemps). Il guettait quoi ?

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  6. beau texte et photo magnifiques, comme toujours, à bientôt Lucie

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  7. j'ai attendu d'avoir lu plusieurs de tes messages car c'est un reportage extrêmement intéressant evec des photos magnifiques. Mon père commandait un service de recherche de la gendarmerie parmi ses gendarmes il avait un petit neveu de Seznec qui s'appelait d'ailleurs aussi Seznec , je l'ai très bien connu et quand il venait à la maison il racontait comment toute la famille était sûre de son innocence. Il s'est d'ailleurs retiré à Pouldreuzic le fief de G. Seznec.
    Félicitation pour tes photos je les trouve magnifiques!

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  8. J'espère que tu ne t'es pas fait mal en dégringolant l'escalier. Merci de ce reportage avec des noms connus.

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  9. Bon! Bon!
    Que de métaphores... Tu dégringole, tu t'inscrit dans le paysage, tu avance à reculons et tu as trouvé le salut dans les Iles du diable !!!!lol
    Je suis un peut taquin ce jour,tu ne trouve pas? Ne vaut il pas mieux en rire aujourd'hui que dans pleurer demain ???
    Bisous, Bisous A + ;))

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  10. Gregory, le ciel était très changeant. Comme un ciel de printemps.

    Miss_Yves, je parlerai sans doute de Denis Le Her-Seznec. Il a écrit une magnifique préface pour un livre sur le bagne.

    Alain, il n'est pas évident de vivre sur une île qu'elle soit déserte ou non si c'est contraint et forcé. Les îles du Salut étaient toutefois saines ce qui a permis à Guillaume Seznec d'y (sur-)vivre 20 ans.

    Olivier, le capitaine Dreyfus sur l'île du Diable n'avait pas le droit de regarder la mer...
    Il y a longtemps que tu n'as plus fait de pub.

    Peter, une mort accidentelle assez étrange en effet.
    (la sentinelle guettait les messages tout d'abord, ensuite les allées et venues de goelettes sur la mer, c'est normal. Il y a bien des miradors dans toutes les prisons.)

    Nazzareno, merci et à bientôt

    Ceciel, j'aime bien la lumière lorsque le soleil est au zénith, de plus la pluie a tout rincé et cela brille de mille feux

    Marguerite-Marie, une histoire assez étrange qui tenait sans doute du complot sur fond de traffic de voitures ? Je ne suis pas une autorité pour juger. De même, j'aurai l'occasion de parler de la gendarmerie. Merci de passer.

    Hpy, je ne suis pas tombée là mais j'ai vraiment dégringolé ailleurs sur des rochers. Je me suis fait à la fois peur et mal ; je ne crois pas que j'en parlerai.

    Daniel, je raconte petit à petit, pour moi aussi surtout ; un voyage se vit du premier au dernier jour et le regard change en fonction de ce qu'on a vu et vêcu.

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  11. Retour à la case départ pour moi avec la recherche dans le dictionnaire du web (je n'en ai pas comme toi dans chaque pièce...) du mot "semapphore" dont j'avais pourtant deviné le sens.
    Je ne peux que m'imaginer ceux qui dégringolaient ce chemin, non après toi, mais après ces forcats fuyant l'enfer que l'on peut s'imaginer beaucoup plus à travers tes mots qu'à travers tes photos qui nous situent si bien l'endroit.
    Les termites sont des p'tites bêtes à la vie dure qui foisonnent aussi chez nous...

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  12. p.s @ toi et @ Daniel: J'aime beaucoup cette phrase qui dit "on ne souvient pas de ce que l'on a vécu mais de ce dont on se souvient." Je ne me souviens pas du nom de l'auteur :-)

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  13. bravo pour ces images qui quand on les remet en contexte comme tu le fais font froid dans le dos. La machine à broyer les hommes, on la retrouve même sous les palmiers. De quoi nous rendre bien pessimistes.

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  14. Même après avoir dégringolé de cet escalier, tu fais de merveilleuses images. Elle est magnifique celle-ci avec son ciel bleu, ce muret mi-ombre et soleil ! Impressionnant reportage, Cergie !

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