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mercredi 13 janvier 2010

Cacao (Guyane) : abattis-brulis *** clearing-denshering

Le 12.11.09 à 16H35

Lorsque l’on tient un bout de la pelote, on arrive à dérouler beaucoup d’informations sur internet. Tant de personnes publient, qui sont plus informées que je ne serai jamais sur la Guyane, les hmongs, l’agriculture de région tropicale, et cætera, et cætera... Si vous le voulez, vous pouvez suivre ces liens que j'ai mis et vous en saurez tout autant que ce que j’ai lu et appris depuis notre séjour là-bas.

Par contre ce qui relève de mon expérience personnelle n’est pas sur internet. Du moins c’est ce que je croyais pour une part de mon histoire qui remonte à tellement longtemps qu’elle était juste dans un petit coin de ma mémoire.

Le jeune homme hmong, avec qui nous avons discuté longuement, a fait ses études à Toulouse où il travaille actuellement ; cependant son rêve est de revenir à Cacao et d’y fonder une famille. Il est né au Laos, et s’il possède sa date de naissance exacte c’est seulement parce qu’il est né la veille du jour de l’an. Moi-même, je suis née la veille du jour de l’an chinois. Des parents ne peuvent l’oublier et cela aurait été une chance pour moi, dans le cas de figure où je n’aurais pas été déclarée à l’état civil français.

Mes parents étaient assez taiseux...
Je me souviens toutefois que ma mère m’avait parlé d’un peuple de montagnard qu’elle appelait d’un nom dont, en discutant avec le jeune homme, j’ai eu confirmation. Les hmongs sont appelés parfois "meo" ou "miáo" en mandarin, entre autres. Ma mère disait "meo".
Je me souviens que, lorsque mon père a quitté la Côte d’Ivoire, il lui a été proposé de venir avec sa famille en Amérique du Sud. Où donc, près de l’Equateur, pouvait s’installer un fonctionnaire français, conservateur des Eaux et Forêts d’Outremer, sinon en Guyane qui est un coin de France ? Mais mon père a préféré rentrer en métropole pour les études supérieures de mon frère aîné qui venait d’avoir son bac à Abidjan. Il a ainsi été en charge du "Cours de Géographie Forestière Tropicale" à l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy et m’a donné un exemplaire du cours qu’il a écrit.

En préparant ce message j’ai pensé : "voilà quelque chose que je ne pourrai trouver sur internet".
Et j’ai tapé des mots clefs. Et vous voyez où je vais en venir. C’est tout à fait troublant.
J’ai trouvé.
On peut la sortir de la bibliothèque de l'ENGREF à Montpellier et à Nancy...



Félix Muller* a écrit le 22.09.2008 :
"... le système d'agriculture familiale traditionnelle en Guyane, l'agriculture sur abbatis. C'est un système d'exploitation agricole qui consiste à défricher, brûler et cultiver tant que la production est satisfaisante, puis abandonner la parcelle et aller cultiver ailleurs. Cette agriculture est avant tout vivrière même si certains excédents se retrouvent sur les marchés de Guyane. Dans un premier temps, on défriche et on brûle un espace forestier puis on implante successivement différentes cultures pour généralement de courtes périodes (d'abord, des fruits et des tubercules puis du manioc et de la banane en fin de cycle). Ce système se caractérise également par une alternance entre cultures et périodes longues de jachère. C'est pourquoi l'agriculture sur abattis alterne également l'exploitation de plusieurs parcelles dans le temps et l'espace. L'agriculture guyanaise ne couvre qu'à peine 10% des besoins du département. Beaucoup de fruits et légumes sont importés...
... L'autre gros problème de l'agriculture guyanaise reste le foncier. Quasiment aucun agriculteur guyanais ne possède ni exploite la terre légalement !"

* Alors étudiant à Montpellier SupAgro (Ecole d'Agronomie), effectuant 6 mois de stage en Guyane.


Extrait TRES intéressant de "Regards sur les Hmong de Guyane française : les détours d'une tradition" de Marie-Odile Géraud, publié en 1997, L'Harmattan (Paris).

lundi 11 janvier 2010

Cacao (Guyane) : le commerce *** business and company

Le 12.11.09 à 16H05
La métropole est blanche du nord au sud et grelotte de froid. METEO FRANCE prévoit une température de 24°C la nuit et 29°C le jour à Cayenne pour ce lundi 11.10.10.
Cacao (à 73km de Cayenne dans les terres) ne doit pas présenter aujourd'hui un visage bien différent de ce que montrent ces photos prises il y a deux mois.
Le blanc, oui !
Le vert, le jaune, le rouge, le bleu et l'ocre, oui, aussi !




"Commerce" peut se comprendre d'un point de vue social ou économique.
Commercer c'est échanger. Offrir, recevoir à la satisfaction des deux "parties".
Lorsque l'on visite un endroit que l'on ne connait pas, on a la chance de recevoir beaucoup et pour cela il faut aussi donner un peu et donc consommer sur place et faire marcher l'économie locale.

Nous avons bien aimé qu'à Cacao les commerçants prennent le temps de fermer boutique et de déjeuner tranquillement. Ce n'est guère le cas dans le reste de la Guyane, au point que le préfet aurait été obligé de prendre un arrêté interdisant l'ouverture le dimanche après midi des épiceries et supérettes (tenues majoritairement par des personnes d'origine chinoises).

Le 12.11.09 à 16H10

Si la supérette avait été ouverte lorsque nous sommes entrés à Cacao, peut-être n’aurions nous pas été au restaurant "le Cacaoyer (ce qui eût été dommage). Nous aurions acheté de quoi déjeuner : une boîte de sardine, du pain, de l’eau réfrigérée, des yaourts, que sais-je, comme nous avons fait quelques jours plus tard à Mana où nous avons pique-niqué au bord du fleuve Mana qui se jette dans l’océan près de l’estuaire du fleuve Maroni.

De Mana nous avons roulé vers Kourou. Nous nous sommes arrêtés avant de passer le poste de contrôle d’identité d’Iracoubo à l’hôtel restaurant "Chez Floria". J’aurais aimé mais n’ai pas osé prendre en photo Floria, si naturelle et pittoresque avec son immense sourire et ses six bigoudis sur la tête du même jaune que son T-Shirt. L’accorte matrone nous a entretenu de tant de sujets qui lui tenaient à cœur. L’immigration clandestine, son frère qui reste pour sa retraite en métropole, les soins de santé, le référendum sur l’autonomie de la Martinique et de la Guyane, l’article 74, la récente guerre civile au Surinam voisin.
Lorsque nous l’avons quittée, elle a conclu que nous avions injecté 4€ dans l’économie locale.

Floria d’Iracoubo nous a offert tellement plus qu’un petit et un grand café crème pour 4€...

vendredi 8 janvier 2010

Cacao (Guyane) : le restaurant

Le 12.11.09 à 12H45

Le restaurant "le Cacaoyer" (06 94 43 05 19 - 05 94 37 00 69) occupe un bâtiment à ossature, charpente et planchers bois.
Ni fenêtre, ni porte extérieures et il est perméable à l'air.
Une couverture en tôle et il est imperméable à l'eau.
Un peu comme le GORE-TEX®, à la fois il respire et il est étanche...

Le restaurant "le Cacaoyer" n'a besoin ni de parking, ni de trottoir, ni d'un réseau des eaux pluviales. Il use d'électricité avec parcimonie. Il a deux entrées, une devant pour les hôtes de passage et une derrière (photo) pour les habitués...

Le restaurant "le Cacaoyer" propose des spécialités asiatiques arrangées à la sauce locale. Le poulet au curry (délicieux) est parfumé à la "citronnelle" ou plutôt avec des feuilles de lime (le citron vert !) quand moi-même je rajoute de la coriandre. J'ai trouvé les nems un peu fort en goût. Ni porc, ni poulet, alors une quelconque... "viande sauvage" ?!


mardi 5 janvier 2010

Cacao (Guyane) : la riviere Comte

Le 12.11.09 à 15H30

Nous allions traverser le pont au dessus du fleuve Sinnamary puis nous nous sommes arrêtés sur la piste qui mène à Cacao et puis nous sommes allés dans le Beaujolais et puis nous nous sommes retrouvés au bord du fleuve Mahury...
Le blog est un jeu de l’oie dont l’auteur jette les dés et s'arrête parfois, avance en brûlant des étapes parfois, revient en arrière ensuite parfois...
Il se trouve que ce premier message de 2010 est le 750ème de Cergipontin.
Il se trouve que j’ai mis plus de temps à couvrir ces 250 derniers messages (du 30.11.07 au 05.01.09 = 10 messages par mois pendant 25 mois) que je n’en ai mis pour les 500 premiers (du 19.04.06 au 30.11.07 = 19 mois et demi).
C’est comme cela et cela n’a pas plus d’importance que cela...




A Cacao, au bout de la piste, est la rivière Comté...

"La rivière de la Comté prend sa source à la Hauteur du Sinnamary, au sud de Bélizon et se grossit des criques Grand Galibi et Roche Fendé. Après le saut Biet et le Dégrad Edmond, la Comté reçoit l'Orapu qui descend de la Montagne Tortue. De ce confluent jusqu'à Roura, elle prend le nom de Oyac. Le bassin versant de la Comté, long de 100km et de l'Orapu long de 60 km forme le bassin total du fleuve qui prend le nom du Mahury." (source : les fleuves de Guyane).

Il en est ainsi : les criques nourrissent les rivières qui se perdent dans les fleuves qui se jettent dans l’océan. La Comté change de nom et n’a pas droit à la qualification de fleuve. En cela elle me fait penser à la Dordogne qui se jette dans l’estuaire de la Gironde.

Et pourtant, elle est majestueuse la Comté à Cacao.
En tournant la tête je voyais son eau transparente chargée des matières organiques lui donnant la couleur du thé. Ce sont ces matières qui font d’elle, dans l'axe sous lequel j’ai pris la photo, ce magnifique miroir reflétant le ciel et la forêt ripicole...

Face à ce paysage, comment ne pas comprendre ce jeune homme Hmong qui nous a dit être animiste ?
Nous avons parlé de religion, de la ressemblance entre les commandements bouddhistes et ceux dictés à Moïse sur le Mont Sinaï ; notamment, "tu ne tueras pas". Il nous a dit que tuer était permis pour se nourrir, qu'un de ses amis avait abattu un guépard sans le manger ensuite et avait été tourmenté jusqu’à ce qu’il soit désenvoûté par le chaman...

mercredi 23 décembre 2009

Cacao (Guyane) : delabrement *** deterioration

Le 12.11.09 à 12H20
Bois canon ou Cecropia obtusa ou bushi papaya sur la gauche. Si vous avez à élever un paresseux (unau ou aï) orphelin, allez cueillir ces feuilles palmées en bord de piste, congelez et sortez selon les besoins...


N1 depuis Kourou jusqu’à Cayenne, N2 après Cayenne puis 13 km de piste assez facile jusqu'à Cacao (village de cultivateurs hmongs) puisqu'une automobile tout terrain n’est pas indispensable. Nous n’avons croisé que deux véhicules à l’aller et aucun au retour : primo nous ne sommes pas passés dans le créneau des véhicules des hmongs se rendant avec leur production de fruits et légumes sur les marchés ; deuzio nous n’étions pas dimanche, jour du marché de Cacao très pittoresque et donc touristique et très couru...

Le 12.11.09 à 12H10
Impossible de louper le château aux serpents de Pascal lorsque l'on prend la piste de Cacao. Sur le net, il est également difficile de le manquer. Tout le monde le connait et y est allé.
Il semblerait cependant que depuis 2006 il se soit singulièrement décrépi...


Bien entendu les choses s'usent si l'on s'en sert. Elle peuvent aussi s'user si l'on ne s'en sert pas. La piste qui souffre de la circulation et des trombes de pluie sera refaite. Le château peut-être pas.

Et l'amitié...
S'use-t-elle si l'on s'en sert ou si l'on ne s'en sert pas ?
Lui faut-il de l'entretien ?
Bon sang ! Que les choses sont compliquées parfois !!!

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