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vendredi 21 octobre 2011

Kourou (Guyane) : l'arrivée de la fusée Soyouz *** Soyuz's arrival

Le 23.11.09 à 8H46

Il est sûr que si Robert Capa ou un photographe de cet acabit avait été là, au lieu de ce seul cameraman russe et de ces quelques spectateurs enthousiastes, l'événement aurait eu plus de retentissement. Je ne suis pas mécontente toutefois d’avoir été, sous la pluie battante, sur la pointe des Roches à l’embouchure du fleuve Kourou et ensuite au débarcadère du Vieux-Bourg de Kourou où il n’y avait foule non plus.
Le lancement pour l’espace du Soyouz débarqué en Guyane ce jour là (en même temps que celui qui partira en décembre) prévu originellement pour hier, a été repoussé à aujourd’hui...

Le 23.11.09 à 8H55

mardi 22 juin 2010

Cayenne (Guyane) : la marina

Le 20.11.09 à 16H30

"Pose ton sac, reste un peu avec moi.
Tu rentreras plus tard..."

"Put your kitbag down and stay with me.
You will go back later..."

mercredi 16 juin 2010

Rivière de Kaw (Guyane) : la barque *** the boat

Le 19.11.09 à 8H40

Thérèse m'a demandé :
"Est-il facile d'être grands-parents??"

Devenir grand-mère c’est faire une rencontre, avoir une surprise qui ne vient pas par hasard. Cela fond sur vous comme une amitié, un amour aux petits fruits à grappiller...
Oui, il est facile d'être grands-parents. Il suffit de vous laisser aller et la rivière vous mène...

vendredi 14 mai 2010

Montagnes de Roura (Guyane) : la canopée *** the canopy

Le 18.11.09 à 16H00
Au loin : la rivière Oyak qui prolonge la rivière Comté et la région de Cacao.


Ici j’ai parlé de la forêt ripicole, là de la forêt de terre ferme.

J’ai eu la chance d'arriver à un point de vue à l'instant même où, bien à propos, cessait la pluie drue qui martelait et brouillait notre pare-brise depuis un petit moment... J’avais lu que la canopée couronnant la forêt tropicale ressemble, vue du dessus, à un champ de brocolis. Et c’est vrai. J’avais lu aussi quelque part : "timidité des cimes", et que les lianes relient les arbres entre eux et consolide la nappe des houppiers. La timidité des cimes a été mise en évidence par Francis Hallé.

Du coup, hier dans le jardin, lorsque j’ai noté que le beau buis de Patrick ayant bien poussé (grâce à la pluie et au compost de ce printemps) gênait les lavandes (que j’aime en boule et non déséquilibrées) et qu'ensuite j’ai entrepris de lui faire une petite taille, j’ai repensé à la timidité des cimes.
J’ai réalisé que la lavande est timide et que le buis ne l’est pas (c’est pourquoi il fait de belles bordures). Le rosier est timide, le choysia (oranger du Mexique) ne l’est pas. Ce matin, je me suis dit qu'en ce qui concerne les arbres de métropole, les chênes verts sont timides, ceux qui se taillent facilement, comme les charmes qui font de si jolies charmilles, ne le sont pas...
[Ces découvertes faites au jardin et au lit n'engagent que moi...]



vendredi 2 avril 2010

Remire-Montjoly (Guyane) : l'habitation Artur

Le 20.11.09 à 15H45
Les vestiges de l'habitation Artur se situent route des plages près du fleuve Mahury (dont le principal affluent est la rivière Comté) et en face du Fort Diamant (classé monument historique).

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Ou comme celui-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge!

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup davantage?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine.

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


-Joachim du Bellay (1522-1560)-



Le fabricant du chocolat local Walapulu a commencé à réabiliter le site de l'habitation où Artur vivait avec une trentaine d’esclaves. Des visites guidées sont organisées le samedi matin. Cependant c'est accessible à tous à tout moment puisque le chemin vers les vestiges mène aussi au circuit pédestre de Rorota...
Jacques-François Artur est né à Caen (1708-1779). Il a été médecin du roi en Guyane de 1736 à 1771, a épousé une jeune fille créole et a eu cinq enfants.
Il a fait un long voyage. Puis il est revenu avec les siens vivre à Caen le reste de son âge...

Il est tentant de faire le rapprochement avec notre propre père qui a commencé sa carrière au Vietnam, y a épousé notre mère et y a eu deux enfants, mon frère aîné et moi, dans une maison qu’il a fait construire en bois assemblé à tenon et mortaise sans cheville. Puis il a fait construire une maison en parpaing sur une colline de la réserve forestière du Banco (Abidjan, Côte d'Ivoire). Enfin, il est rentré avec femme et quatre enfants finir sa carrière en France et le reste de son âge dans notre maison de famille d’Epinal.

Je m’interroge : que sont devenues les deux maisons, celle en bois et celle en parpaing ?



Joyeuses fêtes de Pâques à tous !
N'abusez pas du chocolat !

Have a nice week-end !
Happy Easter !


jeudi 25 mars 2010

Cassique cul-jaune (Cacicus cela) *** Yellow-rumped Cacique

Marais de Kaw (Guyane), le 19.11.09 à 11H50. "Tchou jonn"

  Nous savons (presque) tous que les hirondelles mâles arrivent les premières au printemps pour s’attacher un territoire et construire des nids confortables qui séduiront les femelles.
Que les rouges-gorges sont territoriaux et ne se voient qu’en solitaires hors la période de reproduction.
Que les grues ne font que passer dans un couloir aérien étroit et immuable au dessus de nos têtes deux fois par an, volant à l’automne vers l’Espagne où elles s’engraissent et au printemps vers la Suède ou la Norvège où elles croissent et se multiplient.
Que les merles sédentaires nichent à hauteur de regard dans les haies...

  Mais la majorité d’entre nous ignore tout du Cassique cul-jaune, si commun dans le département français de la Guyane.
Le Cassique cul-jaune vit en colonies bruyantes (il met à son répertoire le chant d’un tas d’autres espèces) en lisière. Il s’installe près de nids de guêpes en prévention des prédateurs. Il lui arrive d'élever des petits Vachers géants comme les siens, ce qui est bien normal puisqu'ils sont tous deux des passereaux de la même famille : les ictéridés.
La femelle est plus petite que le mâle et a parfois les yeux gris. C’est elle qui tisse à tout moment de l’année le nid à ouverture sommitale, incube les œufs et élève seule les petits...
(Sur la photo je crois bien qu’ils sont deux...)

 

jeudi 18 mars 2010

Camp Artur (Saint-Jean-du-Maroni) : le rail et la brique

Le 16.11.09 à 10H55

  Il n'y a plus de voie ferrée en Guyane de nos jours. Au temps du bagne et de ses différents camps, il y existait toutefois un chemin de fer à voie étroite Decauville servant à déplacer le matériel et les hommes. Le train était tiré au début par une locomotive à vapeur puis les wagonnets (les "pousses") furent propulsés à la force du poignet au moyen d’un bâton. Les bagnards entretenaient les voies et déplaçaient les rails aisément.
Au camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni subsiste un wagonnet (voir montage ci-dessous) et devant cet ancien entrepôt du bagne à St-Jean-du-Maroni, il y en a deux, un élément de locomotive et trois briques (voir montage).
  Les bagnards fabriquaient les briques marquées AP (Administration Pénitentiaire).

Le 16.11.09 à 11H20

  La sentinelle dans la guérite nous a aimablement suggéré de laisser une pièce d'identité à l'accueil et d'entrer...

  "Les relégués : surnommés "Pieds de biche" en raison de l’instrument utilisé communément pour commettre leurs délits ce sont des malfrats qui sont interdits de retour en métropole où ils ont déjà purgé la totalité de leur peine de prison. La relégation était une peine supplémentaire destinée à écarter de métropole les vagabonds et voyous récidivistes.
Envoyés vers St Jean, ils bénéficiaient d’un régime particulier qui les autorisait à effectuer toutes sortes d’activités pour eux-mêmes une fois leurs tâches pour la pénitentiaire effectuées. Ils pouvaient parfois aller en semi-liberté et obtenir des concessions à exploiter.
Le dernier convoi de bagnards y a débarqué en 1938 et les derniers bagnards et surveillants sont rentrés en métropole en 1953.
A la fin du bagne, pour assurer la sauvegarde et la reconversion des immeubles laissés par l’administration pénitentiaire, l’Etat reconvertit le camp en base d’accueil d’immigrants.
Une entreprise qui sera un échec puisque créé en 1950, ce centre d’accueil fermera définitivement en 1960 devant le peu de résultats et l’absence de nouveaux immigrants.
Le quartier Némo accueille le service militaire adapté de Guyane, le camp ARTUR le Détachement Maroni du 9e Régiment d’infanterie de Marine, l’ensemble constitue le camp de Saint-Jean du Maroni."

          [Source : Ministère de la Défense]




vendredi 5 mars 2010

Remire-Montjoly (Guyane) : les esprits *** spirits

Le 18.11.09 à 14H30

Elle est incroyable la lumière en Guyane, même à l’ombre ! Mais lorsque le soleil se couche (si tôt à l’équateur) l’ombre se fait alors bien sombre...

Nous étions arrivés par la navette Orly-Cayenne avec une heure de retard sur l’horaire habituel pour cause d’opération de maintenance exceptionnelle. Le soir puis la nuit étaient descendus sur la nationale 1 avant Kourou. Notre cousin nous a fait remarquer les cyclistes circulant sans éclairage. "Comme c'est dangereux !" avons nous pensé. Il a alors expliqué que cela préservait d'être suivis jusqu'à la maison par les esprits.
Cette précaution m'a semblé raisonnable, à moi qui crains beaucoup les esprits de la nuit !



J’ai traversé la route au péril de ma vie pour prendre la publicité ci-dessous (que j’ai déjà montrée) située diamétralement en face de la boutique ci-dessus...

Cliquer sur l'image
► 31 décembre 2009


mercredi 3 mars 2010

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) : l'ancetre *** the ancestor

Le 16.11.09 à 9H40
La picolette a un chant mélodieux, c'est à la fois une bête à concours et un véritable ami pour le guyanais.



Le premier que j’ai remarqué se baladait sur une épaule au marché de Saint-Laurent-du-Maroni. Notre cousin m’a expliqué que c’était un "ancêtre". Il a ajouté que certains de ses collaborateurs guyanais viennent même avec le leur au travail.
Après cette rencontre, j’en ai croisés partout : sur des vélos, des portails, des poteaux électriques en pleine ville ou à l’écart. Bien sûr, j’avais très envie de les photographier. Mais je n’osais pas.
Celui-ci ci-dessus je ne l’avais pas vu. J’attendais à l’agence de location de voitures sous un préau. C’est lui qui m’a fait signe par son tapage et ses aller-retour au dessus de ma tête. Il m'a aguichée. Je l'ai photographié...
Par la suite, le cuisinier du carbet flottant sur la rivière de Kaw qui déplaçait son oiseau en cage tout au long du jour, m’a dit l'élever pour son chant et n’a émis aucune objection à ce que je le photographie
Il me plait de croire encore en l’ancêtre, pourtant...

Le 19.11.09 à 12H10
Cliquer sur l'image pour l'agrandir...


Le 16.11.09 à 10H30

vendredi 26 février 2010

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) : la maison coloniale

Le 16.11.09 à 8H30

Cette maison est voisine de la résidence du sous-préfet de Guyane (autrefois résidence du gouverneur du bagne) et le vestige d'une époque révolue antérieure au vaccin contre la fièvre jaune (1936), à la démoustication et à la brume de climatiseur...

mercredi 24 février 2010

Les chutes Voltaire (Guyane) : l'eau vive *** running water

Le 15.11.09 à 12H10

Que devient le blanc de la neige lorsqu’elle fond ?
Que devient le blanc de la cascade lorsque le bouillonnement s’apaise ?
Le limon posé au fond du lit et sur les roches fait paraître marron l’eau limpide de la crique paresseuse. Gare à ne pas glisser avant d’atteindre le haut du toboggan ou le rocher qui sont de part et d’autre du bosquet dans lequel nichent les mouches à feu.

Après la marche à couvert, l’eau dans les marmites paraît à peine fraîche. Après le repas au soleil, malgré le couvre chef, l’ombre est bienvenue. Alors s’oublient le tumulte des chutes et les voix des compagnons. Le silence semble seulement rompu par le cri de l’oiseau sentinelle. De qui signale-t-il la présence ou la survenue ?


  • Les mouches à feu : "les plus redoutables font leur nid sous les grandes feuilles comme celles des heliconia, ou faux bananiers. C'est le cas des petites mais redoutables 'mouches à feu' comme les appellent les Guyanais. Leur nom tient lieu de commentaire ! Si vous passez à côté sans toucher la feuille, pas de problème.
    Si vous donnez un coup de machette malencontreux dedans, fuyez en arrière en faisant appel à votre plus belle pointe de vitesse !
    La douleur est vive mais elle passe rapidement dans la plupart des cas."
  • Le jaguar (pantera onca) : "... Le jaguar est rusé et prudent, mais il est sûr de sa force et ne fuit pas devant l'homme. C'est ce qui m'a personnellement frappé chaque fois que j'ai eu la chance de l'apercevoir (pas si souvent, malheureusement !).L'animal est toujours resté calme, observant à distance, puis s'enfonçant tranquillement dans la forêt. C'est une rencontre à vous couper le souffle !..."
[Philippe Lesné]
Chant de l'oiseau sentinelle (encore appelé oiseau gendarme, oiseau signal, paiapayo) à écouter ici.

[Camp Voltaire 4/4]

jeudi 11 février 2010

Chutes Voltaire (Guyane) : le layon dans la forêt *** the forest trail

Le 15.11.09 à 10H25
La forêt guyanaise de terre ferme est une forêt tropicale ombrophile et sempervirente. Le sol offre une faible (20cm) épaisseur d’humus. Les arbres développent donc un système racinaire traçant. Certains, comme le fromager, ont même des troncs à contreforts. La hauteur de la voûte oscille entre 20 à 40 mètres, avec quelques arbres émergeant > 50 mètres. La canopée, c’est 80% du feuillage sur quelques mètres d’épaisseur avec un écartement d’un mètre appelé "timidité des cimes".
Les arbres supportent des lianes qui les relient entre eux, colmatent les trouées et maintiennent le micro climat du sous bois. Lorsqu’un arbre tombe il en entraîne quelques autres dans sa chute, créant un chablis où de nouveaux plants pourront pousser profitant de la lumière ainsi amenée.
Les arbres supportent aussi des plantes épiphytes (orchidées, broméliacées, aracées).
Le sol où poussent des plantes herbacées ne reçoit que 20% de la lumière du soleil et 30% des précipitations.

(D’après les notes prises en lisant les livres prêtés par nos cousins)




La nuit vient vite dans la forêt. Aussi faudra-t-il songer dès 15H à prendre le chemin du retour. Mais avant d'en revenir, il faudra y arriver après deux heures de marche sur le sentier bien tracé et aménagé, aux chutes Voltaire.
Au-delà des chutes Voltaire, il serait possible de poursuivre sur un layon non balisé jusqu’aux chutes du Vieux Broussard (quatre heures depuis l’auberge). Ce serait alors une autre aventure qui ne peut être qualifiée de "familiale". Il serait possible d’y passer la nuit en tendant son hamac entre deux arbres et en prenant la précaution de l’abriter d’une bâche. Aux chutes du Vieux Broussard, si tentantes à la baignade, il y a un siphon de cinq mètres de profondeur où deux frères jumeaux se sont noyés en 2006.

Pour l'instant, nous ne sommes pas encore arrivés aux chutes Voltaire et plus tard nous n’irons pas aux chutes du Vieux Broussard.
Les nonchalants papillons bleus iridescents Morpho, tels des elfes indifférents, volètent autour de nous en longeant la crique. Le petit lutin blond décidé est un bon éclaireur. Il nous précède sur le chemin, que surtout nous ne nous perdions pas. Il nous signale la moindre grenouille ou la plus minuscule fourmi.
Le chemin du retour sera beaucoup plus rapide que celui de l’aller. Comme toujours...

[Camp Voltaire 3/4]

mardi 9 février 2010

L'auberge des chutes Voltaire (Guyane) : le carbet

Le 15.11.09 à 8H05

Nuit hachée, partagée avec proches et inconnus. Tapage sourd et lancinant des singes hurleurs. Aboiements sporadiques et rassurants des chiens. Positions inconfortables. Plis du drap. Besoin réfréné longtemps de devoir quitter un peu l’asile du toit de palme et l’alignement des dormeurs...

Le soleil entre à flot dans le carbet. S’appesantir dans la matrice du hamac brésilien. Le sommeil vient souvent au petit matin...

Le 15.11.09 à 7H55

Il fallait arriver assez tôt à l’auberge des chutes Voltaire pour, après les civilités d’usage, préparer le couchage avant la tombée du jour. Nos cousins nous ont fourni le nécessaire (hamac, moustiquaire -pas très utile ici- et drap) et montré comment nous installer dans le grand carbet pour dix-huit où nous avons logé à dix : nous six et un groupe de quatre personnes. Ensuite quartier libre avant le dîner, baignade à la toute petite plage de sable de la crique Voltaire qui longe le bas du terrain et le sépare de la forêt.
L’eau nécessaire à l’auberge est pompée dans la crique et amenée par une pompe dans un petit réservoir qui alimente notamment les douches à l’eau froide comme celles que je prenais en Côte d’Ivoire. L’électricité provient de panneaux solaires. L’auberge des chutes Voltaire est dotée d’un téléphone satellite ce qui la rend utile et précieuse à tous ceux qui vivent, travaillent ou rôdent aux alentours. Elle est reliée à internet (site de l'auberge).
Le restaurant ressemble à celui de Cacao dont j’ai déjà parlé : un abri à la pluie ouvert à tous vents. Nous avons eu en entrée des crudités dont je ne me souviens plus et un pâté de foie de tatou et d’une autre bête de la forêt. Ensuite un couscous de cabri qui ressemblait un peu à un ragoût de sanglier. La semoule était délicieuse. Quant à la viande, je ne sais pas, car je n'en suis pas amatrice. Tout le monde a eu l’air de se régaler. Je ne me souviens plus non plus du dessert.
Finalement, de ce dîner je ne garde un souvenir impérissable que de ce que je n’ai pas goûté...

[Camp Voltaire 2/4]

dimanche 7 février 2010

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) : la piste Paul Isnard

Le 14.11.09 à 16H00

Nous étions attendus pour dîner et passer la nuit à l'auberge du camp Voltaire. Le camp et son unique et proche voisin, un site d'orpaillage légal, sont au bout de la piste Paul Isnard (< la compagnie minière de Paul Isnard, la CMPI. Le projet de prolonger la route jusqu’à la ville d’Apatou a été abandonné).
Les derniers kilomètres, sous une pluie diluvienne en prenant sur la droite vers l’auberge une piste quasi impraticable tant elle est ravinée, seront TRES difficiles. Un véhicule tout terrain aura été absolument indispensable. 2H n’auront pas été de trop pour parcourir les 70 Kms depuis la ville de St-Laurent-du-Maroni.

J’ai pris cette photo en profitant d’un changement de chauffeur. La route en latérite, à cet endroit précis, a été fraîchement refaite. Le temps semble être arrêté comme notre véhicule.
Tout est calme et serein...
Plus tard, nous roulerons sous la pluie torrentielle. Lorsque nous arriverons au camp, elle aura cessé.
Nous découvrirons de retour à Kourou dans le journal France-Guyane que le vendredi, la veille de notre passage aller, une rixe opposant légaux et clandestins aura fait un mort parmi les ouvriers du chantier...

[Camp Voltaire 1/4]

vendredi 5 février 2010

Camp de la transportation (Saint-Laurent-du-Maroni) : la sortie

Le 14.11.09 à 12H15

Ces personnes vont passer le portail en sens inverse et quitter le camp de la transportation. Le bâtiment à leur droite (entrée gauche) a été rénové et aménagé en bibliothèque municipale. Celui à leur gauche menace ruine. Défense d'y pénétrer...


Pour accéder aux cases de la photo 4, on va tout droit en entrant dans le camp. Certaines d'entre elles ont été reconverties en locaux associatifs. C’est dans l'une de celles restées en l'état que j’ai trouvé le "corps blanc" de Jérôme Mesnager.
La photo 1 montre le quartier des libérés qui donne sur la chapelle que l’on aperçoit également à droite de la photo du portail.
Avec les photos 1 et 2, on peut imaginer les hommes lors de leurs moments libres, lavant leur effets ou nettoyant les cours de tout élément végétal > éviter les insectes et les maladies. Les manguiers ont poussés depuis la fermeture du bagne.
Dans la troisième zone dont j'ai parlé au message précédent, il y a douze cellules pour les condamnés à mort en attente de la confirmation de leur condamnation venant de la métropole. Le lendemain de l'arrivée du bateau, l'éxécution se déroulait suivant un rituel immuable. Dans le greffe (photo 3) était servi un dernier repas au condamné qui devait ensuite signer le registre de levée d’écrou avant d’être exécuté...

[Camp de la transportation 3/3]

mercredi 3 février 2010

Camp de la transportation (Saint-Laurent-du-Maroni) : un guide

Le 14.11.09 à 11H00

Nous allons entrer mais nous ne serons pas seuls.
Cette partie du camp de la transportation se visite en groupe sous la houlette d'un guide.
Je lui ai demandé, question idiote sans doute, si d'anciens bagnards étaient restés en Guyane et y avaient fondé une famille. Il m'a répondu avoir été lui-même en classe avec des descendants d'anciens bagnards...


Les nouveaux contingents de bagnards débarquaient tous à Saint-Laurent-du-Maroni et étaient répartis ensuite entre les différents camps de Guyane. Ceux que l’on soupçonnait d’être tentés de s’évader étaient envoyés aux îles du Salut. Très peu de condamnés restaient à Saint-Laurent. Certains pouvaient y travailler dans l’administration, comme domestiques, comme infirmiers et avoir des conditions de vie relativement agréables, être assez libres de leurs mouvement dans le camp ou même en sortir.

A l'arrivée, on enregistrait tout le monde en notant les savoir-faire de chacun. On les passait à la baignoire (photo 1) pour enlever les parasites, on prenait des mesures pour tenter d'établir s’il existait un profil morphologique de la criminalité.
Tout le monde n'était pas logé à la même enseigne :

  • A gauche de l’entrée, une première zone, le quartier des libérés avec deux cours symétriques séparées par un haut mur et bordées de cellules individuelles (photo 2 ; la religion était censée amender les âmes > la chapelle avec une porte "RELEGUES"). Les libérés devaient rester en Guyane le temps équivalent à celui de leur peine. Ils subissaient donc une double peine. Ils devaient financer leur billet de retour. Ils avaient du mal à trouver un travail rémunéré car les condamnés occupaient les emplois à bon compte. La nécessité de se loger et se nourrir qu’ils n’avaient pas lorsqu’ils accomplissaient leur peine, les poussait alors à la délinquance et à la récidive. C’était un terrible cercle vicieux.

  • A droite de l’entrée, une deuxième zone avec une salle de dortoir commun (le long du mur duquel passe ce jardinier : photo 4) où les hommes passaient leur journée dans la promiscuité, attachés à cette barre de force (photo 3). Il y avait des cellules individuelles dont celle-ci, qui a été rénovée, pour un prisonnier condamné à la peine de la double boucle.

  • Au-delà de la grille (photo 6) est une troisième zone...



[Camp de la transportation 2/3]

lundi 1 février 2010

Saint-Laurent-du-Maroni : "l'echappee belle" de Jerome Mesnager

Le 16.11.09 à 8H35
Rive gauche du fleuve Maroni (en face) : le Surinam
Palmier bâche
Historique de Saint-Laurent-du-Maroni, sous-préfecture de la Guyane
Statue de Bertrand Piéchaud : la peine du bagnard.




Découvrir "Papillon" griffé dans le sol d’une cellule du camp de la transportation ne m'a pas surprise.
Par contre, rencontrer les "libres corps blancs" de Jérôme Mesnager [miens "pays" de Belleville ou Montmartre ; l'un tentant d'échapper au fleuve qui peu à peu le ronge, l'autre blotti dans un recoin du camp vers lequel je m’étais égarée seule], m’a stupéfiée...

Le 14.11.09 à 12H30

[Camp de la transportation 1/3]

vendredi 29 janvier 2010

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) : une etape *** stop on route

Hôtel Relais des 3 Lacs, le 13.11.09 à 20H45
Arbre du voyageur ou Ravenala madagascariensis. Son nom vient de ce que ses feuilles retiennent l'eau à leur base et permettrait au voyageur de se désaltérer. Sa rusticité est de 15°C minimum.


La nuit était si noire...
Nous avons vu le U de la lune. Nous avons songé qu'il plongerait dans le bassin barboter à nos cotés...


mercredi 27 janvier 2010

Kourou (Guyane) : le camp de base *** base camp

Le 13.11.09 à 15H00

Assez casanière je suis. Aussi appréciai-je une chambre où ouvrir ma valise, une place attitrée à table, un fauteuil où lire les livres empruntés et le journal local...

Le 22.11.09 à 8H45

... sans oublier une table basse où poser un verre de ti'punch (sans glace)...
Et ainsi me sentir comme à la maison chez des hôtes attentifs autant que discrets...

lundi 18 janvier 2010

Kourou (Guyane) : le marche *** the market

Le 13.11.10 à 11H40
La pomme de terre est originaire de la cordillère des Andes. Elle est vivace lorsqu’elle ne gèle pas, ce qui n’est pas le cas à l'extérieur en métropole. Par contre le topinambour l'est particulièrement lui, vivace ! Une fois installé dans un jardin il est quasi impossible, comme la menthe, de l'en déloger. Samedi, à Menucourt, j’en ai acheté à mon maraîcher qui avait pu en arracher d’un sol enfin dégelé. Souvenez vous que le topinambour a suppléé la pomme de terre durant la seconde guerre mondiale. Il en a acquis mauvaise réputation malgré son délicieux goût de fond d'artichaud...
Sur le plateau, derrière la pomme de terre : du manioc et du taro...




Il ne tiendrait qu’à moi, je ne m’approvisionnerais que sur les marchés forains où je n’achèterais que des fruits et légumes, des fruits secs et des épices. A celui de Kourou, j’ai eu l’impression que se vendait une production tout à fait familiale et locale, comme en provenance directe du jardin ou de la cuisine...
Le poisson (acoupa, mérou, requin ; la lotte n'est pas très appréciée) s'achète directement à la halle aux poissons du Vieux Bourg...


J’ai pris cette photo pour le durian (sầu riêng en vietnamien ). Ce fruit vert épineux a une chair appréciée de l'adepte et une odeur décriée par le néophyte. Je ne trouve pas son odeur pestilentielle : ma mère aimait beaucoup ce fruit dont il est possible de trouver la chair congelée dans les boutiques asiatiques et j’y suis donc habituée.
Elle disait qu’il fallait aller au marché de bonne heure, qu'alors se font les meilleures affaires, que d’ailleurs les jeunes gens avisés choisissent pour épouses de bonnes ménagères en se rendant eux même au marché de bonne heure.
Elle avait sans doute raison.
Plus tôt venue, j'aurais trouvé un rapport ombre / lumière plus facile à gérer...

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