Le 27.04.10 à 11H00
Lorsqu’il revient le temps du muguet, je chausse mes souliers de marche et vais inspecter les couleurs du bois de Vauréal (dont je sais le nom mais je le tais). Je n’ai pas très loin à marcher. Je pars à droite, tournant le dos à la gare terminus du RER. Je descends la coulée verte qui mène au village. Je monte la grande tranchée herbue qui sépare le bois des pavillons de la ville nouvelle implantés sur les anciennes terres agricoles des hauts. Un sentier souple du pas des promeneurs s’y est tracé. De nombreuses sentes récentes en partent se perdre dans les taillis, menant sans doute à des camps retranchés de petits loups à deux pattes comme ces trois là que j’avais autrefois dans ma meute. Enfin, je m’enfonce dans le bois par le chemin bien aménagé qui le traverse. Ouf ! Une grande nappe bleue est là où je la trouve chaque année. Dans une clairière éloignée des orées et encerclée de ronces, des troncs moussus sont couchés. Pas de cabane de charbonnier, juste les fleurs de jacinthe, les feuilles des sceaux de Salomon et des fûts.
Le temps du muguet ramènera le bleu des jacinthes tant que les arbres les cerneront à distance et tamiseront la lumière. Mais combien de temps encore ? Cette espèce est protégée. D’ailleurs, lorsqu’on la cueille et l’emmène loin des bois, dans la main ou même dans un vase, très vite elle se fane...
-Bifane-
► la sente de p'tit loup













