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lundi 15 novembre 2010

Lac des Corbeaux (88) : vienne l'automne *** fall now

l'automneLa Bresse, le 31.10.10 à 15H20
Revenons où nous étions : au bord du lac des Corbeaux...
Ce lac d’origine glaciaire aux eaux profondes et froides devrait son nom aux sapins qui l’ombragent.
Il était gelé sous la neige lorsque, menée par Patrick, je l’ai découvert la première fois. Depuis je n’y suis jamais retournée sans lui. Ce fut souvent, en toutes saisons, parfois seuls, parfois avec des amis ou en famille...
Le lac des Corbeaux, à la surface changeante au gré des cieux et des arbres, est l'écrin précieux de mes souvenirs...




Les bois rougissent
qui jettent sous nos pas
les tapis de leur chevelure
essoufflée de couleurs.
Les jours finissent
qui nous doraient les bras
de nuées brûlantes et pures,
écrasées de chaleur.

Vienne l'automne
au souffle humide et frais,
entre les pluies et la rosée
aux arômes profonds.
Le soleil donne
l'or de ses derniers traits
aux lourdes ramées irisées
de carmin et de blond...


Bifane

jeudi 28 octobre 2010

Puiseux-Pontoise (95) : come back

Puiseux-Pontoise_champ betteraves Ce message a vu le jour grâce à Daniel (chez Madeleine) qui a relayé le défi de Chrys avec comme date butoir le 30 octobre sur le thème du temps.
Un grand merci à tous les deux !
(En français nous utilisons le mot "temps" et en anglais il y a "time", "season", "weather", "tense"...)



Puiseux-Pontoise
est la plus petite commune de l'agglomération de Cergy-Pontoise...
"Petite" (474 habitants en 2007) ne veut pas dire inintéressante :
Une voie romaine (dite chaussée Jules César) reliant Paris à Rouen la traverse. L’ancienne nationale 14, qui suit le tracé de cette voie antique et est devenue départementale 14, la borde.
Une briqueterie a été reconvertie en fabrique de matériaux de construction.
Une distillerie à alcool de betterave (à gauche de la photo) a cessé son activité il n’y a guère.
Le cimetière intercommunal s'est installé, encore bien vide d’âmes.
Des maisons neuves se sont construites dans le village autour du clocher.
Une libre cueillette. Une jardinerie. L' activité agricole est encore importante, avec de belles parcelles, de beaux bâtiments d'exploitation...

J’avais déjà montré cette nappe en avril 2007. Elle était alors jaune des fleurs de colza. J’aime bien cette vue dégagée, comme depuis une plage vers une île ou l'autre rive d'un estuaire. Si j’ai ressenti le besoin de la rephotographier à l'automne 2009, c’est qu'à certains signes (tranchées...) la zone d’activité (dont une enseigne de restauration rapide) qui jouxte ce champ me semblait plus pressante.
L’année dernière, les racines de betterave étaient encore sous terre et les feuilles un peu ratatinées par le gel. Cet automne, les vertes rosettes de colza sont déjà bien hautes. Au printemps prochain, le jaune devrait être de retour ; à moins qu’un quelconque chantier n’ait démarré avant la récolte. Cela se voit souvent en matière de travaux qu'il est urgent de commencer, plus parfois que de terminer...



Aussi grand merci à Bifane :

Il restait quelques champs,
quelques fermes perdues,
et le cygne élevait son chant.

Chemins devenus rues,
prairies et bosquets soupirant
dessous les avenues,
et quelques vieux se souvenant
de beautés disparues
que les enfants de leurs enfants
n'auront jamais connues...

Il restait quelques champs,
quelques fermes perdues,
comme un regard d'un autre temps...




Mercis, mercis à Herbert :

Il filait le temps comme il tissait la laine
chaque jour faisant la coupe un peu plus pleine
Il filait la laine comme il tissait le temps
et tout sera finement prêt la fin venant.




gobelet
C'était, dans le drap froissé
sous le clocher fripon,
un gobelet
comme un point d'exclamation !


Et de Miss_Yves :

..................................
Chicorée frisée
déparant le paysage
Gobelet perdu
...............................
ça me défrise!
............................


Merci Miss !

mercredi 13 octobre 2010

Châteaux de Trianon : la passerelle entre-deux *** the footbridge

passerelleLe 03.10.10 à 12H45

Si le Petit Chaperon Rouge, Boucle d’Or, Alice, Miss Moberly ou Miss Jourdain avaient pris les chemins battus, il n’y aurait pas eu d’histoires à raconter...
Nous sommes passés puis repassés sous la passerelle qui relie le Grand Trianon au Petit mais hélas nous n'avons pas croisé les fantômes...



Etrange image,
où l'on descend, où l'on s'en va...
Comme l'eau sous les ponts,
ce pas sous une passerelle
qui dit : je ne reviendrai pas.
Et c'est dommage,
un peu comme le sont
nos tout derniers battements d'aile...

Image-histoire,
où dansent tant de souvenirs...
Ces pas poussés trop loin,
à n'être qu'une silhouette
qu'on aurait voulu retenir.
Puis, sans y croire,
on suivra ce chemin,
qui saura peut-être où vous êtes...


-Bifane-


mercredi 1 septembre 2010

Le Muy (83) : la bastide *** the Provençal farmhouse

la bastideLe 19.07.10 à 18H00

Les belles de nuit
S'alanguissent au soleil
La fête est finie

4 o'clock blossom
And chairs in the summer sun
Time to go now
Lieux endormis
sur quelque nuit tardive
d'un volet clos
au silence usé d'une porte.
Aux vieux crépis
les chaises des convives
tournent le dos
à la lumière qui n'importe.
On a tant ri
entre danses lascives
et tendres mots,
et d'une eau-de-vie un peu forte
sur la minuit...
Plus une ombre qui vive,
plus un écho,
qu'un sommeil de nature morte...

-Bifane-

vendredi 6 août 2010

Los Altos (Californie) : la piscine *** the swimming pool

piscineLe 12.05.08 à 14H40
Message Interlude...



Sur la margelle en bord de bleu,
des chaises effondrées
que la blancheur dissimulait
pour les confondre à la lumière.
L’herbe est si verte aux yeux
toute de fleurs castrée,
elle, peut-être, s’esseulait
dans un livre en prière.

Un galure en couvre-cheveux,
la tenue concentrée,
et nul intrus ne lui parlait,
ni même un fruit, un verre…
Et d’ombrage si peu,
cette vie pénétrée…
Quelques arbres, là-bas, tremblaient
oubliés en lisière.
-Bifane-


Quoique l'on puisse penser, les abords de la piscine de nos cousins en Californie sont animés parfois et il y fait frais aussi parfois. Ainsi en fut-il la veille du mariage de leur fils que nous avions reçu à Cergy encore ado ne parlant pas un mot de français (il est à présent parfaitement bilingue). A l'époque, à la fois il se réjouissait d’avoir la possibilité de se rendre facilement à pied chez des copains et à la fois il s’étonnait qu’il n’y ait de piscine ni chez eux ni chez nous.
A y réfléchir, je ne pense pas que l’exiguïté des terrains qui est la conséquence d’un habitat individuel groupé soit tant en cause que le climat, le mode et le choix de vie. Souventes fois en France j’ai vu, dans des espaces assez confinés, des piscines à proximité directe des portes-fenêtres d'un séjour...

lundi 2 août 2010

Meyronne (46) : la brume *** mist

eglise_MeyronneEglise et plaque commémorative, le 13 juillet 2010 à ...

Des portes fermées sur la pierre
aux murmures éteints,
elle prend toujours la lumière
dans ses vitraux anciens,
et marque l'heure et la mémoire,
du dimanche matin
aux années perdues dans l'Histoire
de nos guerriers défunts.
Une église et son cimetière,
celui qui se souvient
revient y confier sa prière
au souvenir des siens...

-Bifane-


La Dordogne s'y entend en voile de deuil...

The Dordogne River knows a lot about atmosphere of the grave...

mercredi 19 mai 2010

Boissy-l'Aillery (95) : le gardien *** the caretaker

Le 18.05.10 à 10H10

Ces lieux d'hier qui nous aimaient,
              ces allées de mémoire...
Au secret de nos yeux fermés,
                nous en gardons l'histoire,
                                  écrite au tendre pour jamais.

Tout a changé, puisque tout change,
      nous seuls nous souvenons
                                  des murs anciens, des vieilles granges,
                                  des jardins, des maisons...
Et c'est une tristesse étrange...

-Bifane-


Dans notre journal local ("le Parisien" édition du Val d’Oise n°20429) j’ai lu hier matin un article dont voici un extrait :

"Ces immeubles font partie du patrimoine

Des tours Aillaud de Nanterre aux Pyramides d’Evry en passant par les Hautes-Formes de Porzamparc à Paris, 40 résidences franciliennes ont décroché le label Patrimoine du XXe siècle…
Ces grands ensembles de logements font partie des quarante sites privés ou HLM qui ont reçu l’agrément du préfet de région le 16 décembre 2008...
Le label Patrimoine du XXe siècle n’a pas valeur de protection comme l’inventaire à l’inscription à l’Inventaire des monuments historiques. Il vise surtout à attirer l’attention sur l’habitat des Trente Glorieuses, souvent décrié, parfois menacé car vieillissant et soumis à des programmes de rénovation..."


Ce n’est pas parce que le monde et la mode ont changé qu’il faut brûler ce qui a abrité des familles qui y ont élevé des enfants heureux. A coté de cet édifice et des maisons du village a poussé une maison tout en bois. Je ne fais ni modernisme ni passéisme. Je prône juste le respect de l’harmonie et de la différence lorsqu’elle est raisonnable. Cet immeuble recrépi de frais serait vraiment formidable avec ses volumes simples tranchés à la serpe. Mais parfois les choses ne vont pas comme on le souhaiterait et il est fait table rase. Alors si se raccrocher au matériel est impossible, il est toujours possible, tant que la vie va, de retrouver les objets, les lieux aimés, comme les personnes et les faits qui ont un jour existés, dans un petit coin de pensée ou le coffre d'un coeur...

lundi 10 mai 2010

Cergy Village (95) : sur la place *** on the village square

Le 30.04.10 à 17H10

Il y a toujours, sur la place de l'Eglise, un véhicule stationné devant cette maison de village...



"Ces pierres qui racontent,
savent-elles nos coeurs,
suivent-elles nos pas
quand ils passent tout contre ?
Disent-elles nos peurs,
sentent-elles pourquoi ?

Et ces portes antiques,
sur quelles vies d'antan
ferment-elles les yeux ?
Sur quels refus tragiques,
quels secrets d'autres temps,
quels sourires trop vieux ?"


-Bifane-

dimanche 2 mai 2010

Vaureal (95) : le temps des jacinthes des bois *** wild hyacinth time

Le 27.04.10 à 11H00

Lorsqu’il revient le temps du muguet, je chausse mes souliers de marche et vais inspecter les couleurs du bois de Vauréal (dont je sais le nom mais je le tais). Je n’ai pas très loin à marcher. Je pars à droite, tournant le dos à la gare terminus du RER. Je descends la coulée verte qui mène au village. Je monte la grande tranchée herbue qui sépare le bois des pavillons de la ville nouvelle implantés sur les anciennes terres agricoles des hauts. Un sentier souple du pas des promeneurs s’y est tracé. De nombreuses sentes récentes en partent se perdre dans les taillis, menant sans doute à des camps retranchés de petits loups à deux pattes comme ces trois là que j’avais autrefois dans ma meute. Enfin, je m’enfonce dans le bois par le chemin bien aménagé qui le traverse. Ouf ! Une grande nappe bleue est là où je la trouve chaque année. Dans une clairière éloignée des orées et encerclée de ronces, des troncs moussus sont couchés. Pas de cabane de charbonnier, juste les fleurs de jacinthe, les feuilles des sceaux de Salomon et des fûts.
Le temps du muguet ramènera le bleu des jacinthes tant que les arbres les cerneront à distance et tamiseront la lumière. Mais combien de temps encore ? Cette espèce est protégée. D’ailleurs, lorsqu’on la cueille et l’emmène loin des bois, dans la main ou même dans un vase, très vite elle se fane...


"Passant, arrête-toi un instant, lave-toi le regard des beautés qui t'entourent, assieds-toi si tu veux sur cette racine affleurante, fais taire tes pensées du monde, et goûte ce bonheur simple et gratuit d'une beauté offerte. Elle est pour toi, si tu la veux, si tu sais la contempler et l'aimer..."

-Bifane-

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► la sente de p'tit loup


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